La plupart des blessés sont des étudiants. Mohamed DAHIR/AFP
Un étudiant a apparemment déclenché des explosifs qu'il portait sur lui au milieu de la foule endimanchée et des nouveaux diplômés vêtus de toges à l'américaine, selon un employé de l'établissement. Selon le responsable d'une ONG, le kamikaze était un homme déguisé en femme.
Au moins dix-neuf personnes, en majorité des étudiants, ont été tuées dans l'explosion, selon la force de paix de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Trois ministres figurent parmi les morts : le ministre de l'Éducation supérieure, Ibrahim Hassan Addow, le ministre de l'Éducation, Mohammad Abdullhai Waayel, et la ministre de la Santé, Qamar Aden Ali, selon un responsable gouvernemental. Un quatrième membre du TFG, le ministre des Sports, Suleyman Olad Roble, a été blessé. Deux journalistes somaliens ont également été tués : le correspondant de radio Shabelle, Mohammad Amin Aden, et un cameraman travaillant pour la télévision al-Arabiya, Hassan Zuber Hadji.
Plus de 60 blessés ont été pris en charge à l'hôpital de Medina, a précisé un docteur de cet établissement, Duniyo Ali Mohamoud. Un photographe de l'AFP, qui couvrait l'événement et ne se trouvait qu'à quelques pas des deux journalistes tués, a été légèrement blessé. « Nous étions en train d'attendre devant la salle quand une énorme explosion a eu lieu. Je me suis retrouvé par terre au milieu de la fumée et des cris », a-t-il raconté.
« Nous dénonçons dans les termes les plus forts l'explosion provoquée par les rebelles qui combattent le gouvernement. Nous ne pouvons faire face seuls à ces éléments violents et nous appelons la communauté internationale à accourir pour nous aider à combattre ces insurgés », a réagi à la presse le président somalien Sharif Cheikh Ahmad (au pouvoir depuis janvier 2009).
Dans un communiqué conjoint, l'Union européenne, les États-Unis, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, six pays d'Afrique de l'Est), la Ligue des États arabes ainsi que les Nations unies ont condamné cette « effroyable attaque ». Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le TFG ne contrôle que quelques quartiers de la capitale, avec le soutien des 5 300 soldats de l'Amisom, face aux insurgés shebab et du Hezb al-islam. Les membres du TFG sont régulièrement la cible d'attentats menés par ces insurgés islamistes, en particulier des shebab, qui se réclament d'el-Qaëda et de son idéologie du jihad mondial.
Le 18 juin, un attentat-suicide avait coûté la vie au ministre de la Sécurité intérieure, le colonel Omar Hashi Aden, et à 19 autres personnes à Beledweyne (300 km au nord de Mogadiscio). Le 17 septembre, 21 personnes avaient été tuées dans un double attentat-suicide contre le quartier général de l'Amisom à Mogadiscio.


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