La décision iranienne avait été annoncée dès dimanche soir par le président Ahmadinejad, qui l'a présentée comme une réponse à un vote vendredi de l'AIEA condamnant l'Iran pour avoir notamment dissimulé jusqu'en septembre l'existence d'un deuxième site d'enrichissement d'uranium à Fordo, à une centaine de kilomètres au sud de Téhéran. M. Ahmadinejad avait également annoncé dimanche la construction de 10 nouvelles usines d'enrichissement éparpillées dans le pays pour des raisons de sécurité. Les États-Unis et Israël n'ont en effet jamais exclu l'hypothèse d'une action militaire contre le potentiel nucléaire iranien si les négociations avec Téhéran n'aboutissaient pas.
L'Iran, signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a toujours affirmé que son programme nucléaire était purement pacifique et que l'uranium enrichi à 20 % qu'il veut se procurer était destiné à son réacteur de recherche médical de Téhéran. Mais les Occidentaux craignent que la République islamique ne parvienne à produire suffisamment de combustible pour l'enrichir à un niveau permettant de construire une bombe atomique.
« L'Iran ne fera de concessions à personne et ne renoncera pas à ses droits », a réaffirmé hier M. Ahmadinejad. Il a à nouveau dénoncé les pays ayant voté la résolution « illégale » de l'AIEA, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles sanctions de l'ONU contre Téhéran. « Nous souhaitons coopérer dans une bonne atmosphère » avec l'organisation internationale, a-t-il affirmé, mais « la porte sera fermée » si les Occidentaux « considèrent les initiatives positives de l'Iran comme un dû ». Ce regain de tension a été provoqué par l'échec de négociations ouvertes en octobre entre l'AIEA et Téhéran sur la possibilité de faire enrichir hors d'Iran le combustible dont le pays affirme avoir besoin.
M. Ahmadinejad a également à nouveau balayé hier l'éventualité d'une action militaire contre les sites nucléaires iraniens : « Le régime sioniste n'est rien, même ses maîtres ne peuvent rien faire » contre le programme nucléaire iranien, a-t-il estimé dans une allusion aux États-Unis et aux pays occidentaux soutenant Israël.


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