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Moyen Orient et Monde - Afghanistan

Gates réclame entre 5 000 et 7 000 soldats à l’OTAN

Le patron de l'OTAN réclame la solidarité des alliés européens.

Après avoir annoncé l'envoi en Afghanistan de 30 000 soldats supplémentaires d'ici à l'été 2010 et un début de retrait un an plus tard, Barack Obama a délégué hier ses émissaires au Congrès pour persuader les élus américains du bien-fondé de sa stratégie afghane.
Devant les élus, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a fait part hier de sa « véritable inquiétude face à l'influence de responsables corrompus au gouvernement afghan », demandant au président Hamid Karzaï d' « agir ». La chef de la diplomatie américaine a néanmoins rappelé l'engagement du président réélu à lutter contre la corruption, à l'occasion de son investiture le 19 novembre. « Ses mots ont été longs à venir, mais bienvenus », a-t-elle ajouté : « Ils doivent maintenant donner lieu à l'action », a-t-elle déclaré lors d'une audition devant la commission de la Défense du Sénat américain.
Le transfert aux forces afghanes de la responsabilité du maintien de l'ordre débutera en juillet 2011 quelle que soit la situation sur le terrain, a, pour sa part, affirmé le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Pour ce dernier, il est indispensable d'empêcher les talibans de reprendre le pouvoir pour écarter la menace d'el-Qaëda. « Les 30 000 soldats supplémentaires commenceront à arriver sur le terrain « d'ici deux à trois semaines », a ajouté M .Gates.
Il a également souhaité que les pays membres de l'OTAN envoient entre 5 000 à 7 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. Selon le quotidien français Le Monde, Washington aurait demandé 10 000 soldats supplémentaires à ses alliés, dont 2 000 à l'Allemagne, 1 500 à l'Italie, 1 500 à la France et 1 000 au Royaume-Uni.
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Rasmussen, a annoncé quant à lui une première contribution d'au moins 5 000 soldats supplémentaires, tout en lançant un avertissement aux pays réticents à envoyer des renforts. « Les Américains ont opté pour une approche multilatérale et je crois que les États-Unis commenceront à mettre en doute cette approche si les autres alliés ne prennent pas leur part du fardeau », a-t-il assuré.
Du côté des alliés, l'Union européenne a assuré qu'elle « était prête à travailler en étroite collaboration avec les États-Unis pour relever les défis en Afghanistan ». Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a appelé à l'unité des alliés derrière la stratégie de Barack Obama. Il a exclu un début de retrait britannique avant que les Afghans soient en mesure de prendre le contrôle de leur sécurité, évoquant l'échéance de 2011. Londres, qui a le deuxième contingent en nombre derrière les États-Unis (près de 10 000 hommes), a déjà confirmé l'envoi de 500 soldats de plus en Afghanistan. D'autres pays, dont l'Allemagne (4 000 soldats) et la France (3 750 soldats sur le théâtre afghan), ont réagi de manière plus prudente aux demandes de renforts, alors que Rome, Madrid et Varsovie pourraient décider l'envoi de soldats supplémentaires. La France ne prévoit pas l'envoi pour le moment de troupes de combat en renfort, mais n'a pas exclu de renforcer sa contribution à la formation de l'armée et de la police afghane.
Berlin a, de son côté, réaffirmé qu'aucune décision ne serait prise avant la conférence sur l'Afghanistan prévue fin janvier. Les Pays-Bas ont indiqué qu'ils ne prendraient pas de décision prochainement sur une éventuelle prolongation, au-delà du 1er août 2010, de leur présence militaire en Afghanistan.
En Afghanistan, le président Hamid Karzaï s'est réjoui, dans un communiqué, de l'annonce d'une nouvelle stratégie militaire américaine, saluant la décision d'entamer le retrait des forces américaines dans 18 mois. La stratégie américaine a été moins bien accueillie par les talibans, qui ont menacé Barack Obama de lui envoyer en retour plus de « cercueils » et promis que l'arrivée de renforts ne ferait que stimuler l'insurrection.
Le Pakistan, pion central du dispositif antiterroriste américain, s'est abstenu de saluer l'annonce des renforts, souhaitant de la part de Washington une collaboration étroite pour éviter que l'arrivée de soldats supplémentaires chez son voisin ne provoque un nouvel afflux de combattants islamistes dans les zones tribales frontalières.
Pour le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces alliées en Afghanistan, il ne fait pas de doute que l'arrivée prochaine de renforts va « faire une énorme différence ». Avec des accents churchilliens, le général n'a pas hésité à déclarer que le plan Obama représentait « la fin du début » du conflit afghan. Une formule utilisée par le vieux lion britannique en plein conflit mondial, en novembre 1942. Sur le terrain, la situation est difficile, les insurgés contrôlant 11 des 34 provinces afghanes, selon le chef d'état-major interarmées américain, l'amiral Michael Mullen.

Après avoir annoncé l'envoi en Afghanistan de 30 000 soldats supplémentaires d'ici à l'été 2010 et un début de retrait un an plus tard, Barack Obama a délégué hier ses émissaires au Congrès pour persuader les élus américains du bien-fondé de sa stratégie afghane.Devant les élus, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a fait part hier de sa « véritable inquiétude face à l'influence de responsables corrompus au gouvernement afghan », demandant au président Hamid Karzaï d' « agir ». La chef de la diplomatie américaine a néanmoins rappelé l'engagement du président...
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