Un haut responsable de l'UE a précisé de son côté que la question des sanctions à l'encontre de Téhéran avait été discutée au cours de la réunion entre les représentants des Six, mais « pas de façon spécifique ». « Il y a eu une discussion générale sur les sanctions. La réponse est que sur toutes ces choses, il y a une question de calendrier et ce n'était pas le bon moment », a ajouté ce responsable, sous le couvert de l'anonymat. « La stratégie de "double approche" demeure en vigueur » face à l'Iran, a-t-il dit, en référence à la politique de la carotte et du bâton de la communauté internationale incluant offre de coopération d'une part et menace de sanctions de l'autre.
Téhéran a opposé mercredi une fin de non-recevoir à l'offre internationale qui lui a été faite pour encadrer l'enrichissement de son uranium. L'Iran refuse de transférer à l'étranger son uranium faiblement enrichi, ce qui signifie un rejet du principal point de l'offre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), proposée le 21 octobre. Le directeur général sortant de l'AIEA, Mohammad el-Baradei, s'est toutefois voulu optimiste hier, estimant à Berlin que l'Iran, à son avis, n'avait pas encore apporté de « réponse définitive ». Il a émis l'espoir qu'un compromis puisse être trouvé « d'ici à la fin de l'année » et émis des doutes sur l'efficacité des nouvelles sanctions contre Téhéran. Selon le scénario proposé par l'AIEA, l'Iran expédierait environ 70 % de ses stocks d'uranium faiblement enrichi (3,5 %) en Russie où il serait davantage enrichi avant que la France ne le transforme en combustible pour un réacteur nucléaire de recherche à Téhéran.
Le président américain Barack Obama a affirmé jeudi que les États-Unis et leurs alliés discutaient des « conséquences » d'un tel refus pour l'Iran, évoquant implicitement des sanctions accrues. L'Iran est déjà sous le coup de trois résolutions de l'ONU assorties de sanctions.
L'ONU dénonce les violations des droits de l'homme
Par ailleurs, une commission de l'ONU a dénoncé, hier dans une résolution, les « violations graves et répétées » des droits de l'homme en Iran, y compris lors de la répression des manifestations ayant suivi la dernière élection présidentielle. La résolution, non contraignante, a été votée par 74 voix contre 48, avec 59 abstentions, par la Commission plénière des droits de l'homme de l'Assemblée générale de l'ONU. Le soutien à l'Iran a ainsi légèrement diminué depuis l'an dernier, lorsqu'une résolution similaire avait été adoptée par 70 voix contre 51, avec 60 abstentions. Le texte devrait être adopté à une date ultérieure par l'Assemblée générale, où siègent les 192 États membres de l'ONU. Ce sera la 22e fois depuis 1985 que l'Assemblée plénière de l'ONU s'exprimera ainsi sur la situation des droits de l'homme en Iran.


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