Riad Salamé, Joseph Torbey et Saad Hariri lors de l’inauguration du congrès bancaire arabe annuel.
Le président du Conseil a annoncé « un avenir de stabilité durable et de prospérité économique dont profiteraient tous les Libanais dans toutes les régions du Liban ». Il a insisté sur le fait que la déclaration ministérielle sera un réel prélude à des réalisations attendues par les Libanais dans tous les domaines, et ce dans le but d'améliorer leur niveau de vie. Il a fait remarquer que le secteur bancaire a gagné en immunité et en capacité d'adaptabilité avec la conjoncture, quelle que soit la difficulté du moment. Le secteur bancaire libanais, a-t-il poursuivi, a réussi à dépasser les répercussions de la crise financière internationale grâce à la politique sage de la Banque du Liban et de ses organes de contrôle qui se conforment aux standards internationaux.
Le Premier ministre est revenu à la charge, en affirmant que le brouillon de la déclaration ministérielle du gouvernement d'union nationale est d'ordre politique, économique et social, et devrait refléter les ambitions des Libanais. Il a considéré par ailleurs que, compte tenu des importantes liquidités des banques arabes, ces dernières devraient jouer un rôle important au niveau du financement de projets d'investissement du secteur privé panarabe, que ce soit au niveau des projets d'infrastructure, de projets économiques ou de projets sociaux durables. « Le nouveau défi que doit affronter le secteur bancaire arabe aujourd'hui est de devenir un partenaire principal dans le processus de développement économique et la croissance économique à long terme », a-t-il ajouté.
Évolution internationale
De son côté, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a estimé qu'à l'ombre des risques inflationnistes prévus sur la scène internationale et la probabilité de la hausse des prix des avoirs et de l'or, la priorité du Liban réside dans le fait, d'une part, de lutter contre le déficit budgétaire et, d'autre part, de dégager des ressources supplémentaires pour le développement. « La priorité du Liban n'est pas la réduction de la dette publique dont le volume a baissé par rapport au produit intérieur brut (PIB) et au volume de la masse monétaire », a-t-il dit.
Il a souligné que la valeur effective de la dette publique devrait reculer en raison de l'inflation internationale à venir ainsi que de ses risques en raison de l'appréciation attendue de la valeur des avoirs de l'État et de la Banque centrale.
Le « numéro 1 » de la Banque centrale a souligné que la BDL suit les développements internationaux parce qu'elle est consciente du fait qu'ils auront des retombées sur les ressources nationales, affirmant par ailleurs que son institution a défini une feuille de route claire pour 2010. Dans ce cadre, il a évoqué l'encouragement continu des banques à s'étendre à l'étranger, la création à la BDL d'une unité de bonne gouvernance dédiée aux institutions financières et aux établissements de crédits, et enfin la dissociation entre les banques commerciales et les banques d'affaires. Riad Salamé a aussi évoqué la diversification des échéances des certificats de dépôts émis en livre par la BDL et le lancement d'autres certificats de dépôts d'une durée pouvant s'étendre entre sept et dix ans, dans le but de contrôler les liquidités sur le marché.
Prenant la parole à son tour, le président de l'Union des banques arabes, Adnan Youssef, a rappelé que les banques arabes gèrent plus de 2,2 trillions de dollars d'actifs et ont une base de dépôts de plus d'un trillion de dollars. Elles opèrent par ailleurs sur une base capitalistique de 200 milliards de dollars. Se basant sur les résultats des banques arabes pour les neuf premiers mois, M. Youssef a prévu une moyenne de croissance des dépôts et des opérations de 8 %. Il a enfin noté que les créances douteuses des banques arabes ne représentent que 1 % du portefeuille de financement depuis le début de la crise internationale.


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