L’an prochain, Airbus espère faire voler l’un de ses moyen-courriers avec un mélange de biocarburant et de kérosène. Photo AFP
Pour une fois, il ne s'agit pas d'une déclaration de guerre à son grand rival américain Boeing, l'autre grand constructeur dans le monde d'avions de plus de 100 places.
« Ce n'est pas une compétition avec Boeing », a déclaré lors d'une conférence de presse Ross Walker, responsable des programmes carburant d'Airbus. « On travaille plutôt ensemble, car le carburant qui sera utilisé doit pouvoir être disponible dans tous les aéroports et par tous les appareils », a-t-il ajouté.
En avril 2008 à Genève, les deux géants de l'aéronautique civile avaient d'ailleurs signé un accord pour diminuer l'impact du trafic aérien sur l'environnement.
L'an prochain, Airbus espère faire voler l'un de ses moyen-courriers avec un mélange de biocarburant et de kérosène.
« Nous ne savons pas encore avec quelle compagnie nous allons faire ce test, nous sommes en discussion avec plusieurs transporteurs », a dit M. Walker, précisant qu'il ne savait pas non plus quel biocarburant serait utilisé et dans quelle proportion. En janvier 2009, la première compagnie aérienne japonaise, Japan Airlines (JAL), avait effectué un vol de test, sans passagers, avec un très gros-porteur de Boeing, un 747, dont l'un des quatre réacteurs était alimenté par un mélange au biocarburant issu de végétaux non alimentaires. Il s'agissait d'un mélange émanant de caméline à environ 84 %, de jatropha à moins de 16 % et d'algues à 1 %.
De son côté, Airbus a procédé à des vols-tests avec un mélange de gaz naturel liquéfié et de kérosène, l'un en février 2008 sur un très gros-porteur A380 entre Filton (Grande-Bretagne) et Toulouse (France), puis en octobre 2009 avec un long-courrier A340 de la compagnie Qatar Airways entre Londres et Doha. L'avionneur européen considère que ces essais ouvrent la voie aux vols avec des biocarburants. Car tous sont fabriqués selon le même procédé, connu sous le nom de Fischer-Tropsch. Il a été inventé en Allemagne dans les années 1920, utilisé ensuite sous le nazisme puis au cours des années 1950 en Afrique du Sud avec du charbon transformé en carburant liquide, ces deux pays étant alors privés de ressources pétrolières.
Airbus estime qu'en 2020, 15 % du carburant utilisé par les avions pourraient être un carburant alternatif au kérosène et que cette part pourrait monter à 30 % en 2030, a estimé M. Walker. Le défi est de trouver des ressources qui n'empiètent pas sur les cultures alimentaires. Les algues qui poussent dans de l'eau salée semblent être une source prometteuse, selon M. Walker. « Si une surface de la taille des Émirats arabes unis était recouverte d'algues, vous pourriez produire assez de biocarburant pour approvisionner toute l'Aviation civile mondiale », a-t-il dit. Comme les jours précédents, les commandes d'avions n'affluaient pas au Salon de Dubaï : Airbus a confirmé un contrat pour deux A380 avec la réunionnaise Air Austral et signé un protocole d'accord pour un moyen-courrier A320 et un long-courrier A330 avec Nepal Airlines. Boeing a annoncé une commande de sept moyen-courriers 737 par Air Algérie et confirmé une autre de quatre 737 par le transporteur algérien Tassili Airlines.


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