Cette photo, prise en 1953 et publiée hier par les archives nationales australiennes, montre des orphelins anglais travaillant dans des champs près de Parramatta, à l’ouest de Sydney. Photo AFP
Des centaines de milliers d'enfants ont été victimes de violences dans des orphelinats ou des foyers d'accueil publics australiens entre 1930 et 1970. En 2004, un rapport du Sénat avait recommandé cette démarche de repentance envers ces enfants victimes d'abus en tous genres, sexuels notamment.
« Nous sommes ensemble aujourd'hui pour vous présenter les excuses de la nation. Pour vous dire, vous les Australiens oubliés et ceux qui ont été envoyés enfants vers nos rivages sans leur consentement, que nous sommes désolés, a-t-il ajouté. Nous sommes désolés que, enfants, vous ayez été pris à vos familles et placés dans des institutions où souvent vous avez été maltraités. Désolés pour les souffrances physiques, les privations affectives et la froide absence d'amour, de tendresse, de soins. »
Environ 7 000 d'entre eux étaient des Britanniques déplacés en Australie dans le cadre d'un programme en place entre 1920 et 1967 par les autorités de Londres. Celles-ci avaient envoyé près de 130 000 enfants pauvres, âgés de 3 à 14 ans, vers l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et ce qui était alors le Zimbabwe, avec la promesse que leur vie y serait meilleure.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, doit prochainement s'excuser au nom du Royaume-Uni pour l'envoi au XXe siècle de ces dizaines de milliers d'enfants vers ses anciennes colonies, où beaucoup ont été placés dans des institutions publiques et victimes d'abus. Le ministre à l'Enfance Ed Balls a estimé dimanche sur la chaîne Sky News que c'était un « motif de honte » que cette « politique terrible » ait continué aussi longtemps. « L'excuse est symboliquement très importante », a-t-il affirmé.
L'association britannique Child Migrants Trust, qui œuvre à réunir les enfants déplacés avec leurs familles, assure que certains d'entre eux avaient été enlevés à leur foyer sans que leurs parents en soient informés ou aient donné leur consentement. Nombre de ces enfants avaient été envoyés à l'étranger par des agences spécialisées qui souhaitaient peupler les anciennes colonies avec des gens de « bonne souche britannique blanche », selon l'association. La plupart ont fini dans des institutions publiques ou des établissements agricoles.


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