Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao. Elizabeth Dalziel/AFP
Hier matin, dans la capitale économique et financière, M. Obama a d'emblée évoqué les droits de l'homme, en réponse à des questions d'étudiants sélectionnés ou à celles d'internautes. Un format tranchant avec le protocole chinois et une formule inédite pour un chef d'État étranger, même si l'intervention de M. Obama n'a pas été retransmise par la télévision nationale, seulement par celle de Shanghai. « Les libertés d'expression et de culte et l'accès à l'information sont, nous le pensons, des droits universels », a déclaré M. Obama. « Ils devraient être accessibles à tous, y compris aux minorités ethniques et religieuses, que ce soit aux États-Unis, en Chine ou ailleurs », a-t-il ajouté, prenant soin toutefois de ne pas trop heurter ses hôtes en ne mentionnant ni le Tibet ni le Xinjiang, régions secouées par des émeutes sanglantes en 2008 et en juillet dernier.
Le site Internet de l'agence officielle Chine nouvelle s'est contenté d'un compte-rendu écrit, mais n'a apparemment pas été censuré, ce qui n'a pas été le cas de tous les portails chinois. À Shanghai, le président américain a d'ailleurs plaidé pour un Internet libre, alors que la Chine maintient une vigilance extrême sur la Toile, censurant Facebook ou Twitter. « J'ai toujours été un partisan fervent de l'Internet. Je suis un partisan farouche de l'absence de censure », a-t-il expliqué, répondant à une question d'un internaute.
Arrivé tard dimanche à Shanghai, vitrine de la fabuleuse croissance économique chinoise, pour une visite jusqu'à mercredi en Chine dans le cadre d'une tournée asiatique, M. Obama a également rendu hommage à ce pays « majestueux ». La « Chine et les États-Unis n'ont pas à être des adversaires », a-t-il ajouté, expliquant que de bonnes relations bilatérales pourraient apporter la « prospérité et la paix dans le monde ». M. Obama avait déjà insisté samedi sur le fait que Washington était non pas le rival, mais le partenaire d'une Chine à la puissance de plus en plus affirmée.
Avant sa visite, certains observateurs ou organisations avaient redouté qu'il ne sacrifie la défense des droits de l'homme sur l'autel des grands dossiers comme le réchauffement climatique ou la lutte contre la crise économique, pour lesquels les deux puissances sont de plus en plus interdépendantes.
La visite d'État du président américain est entourée de mesures de sécurité drastiques et le quartier du centre de Pékin où il doit passer deux nuits a été hermétiquement bouclé. Dès son arrivée, la circulation y était paralysée. Mais de nombreux Pékinois ne désespéraient pas d'apercevoir Barack Obama, qui jouit en Chine d'une forte popularité, surtout parmi la jeunesse. Son voyage en Chine est perçu comme le point fort de sa tournée d'une semaine qui l'aura conduit de Tokyo à Singapour (sommet du Forum Asie-Pacifique), Shanghai, Pékin, avant Séoul.
Dans la soirée, Barack Obama est allé retrouver son homologue Hu Jintao, pour un dîner. Le président, qui même à titre privé n'était jamais venu en Chine, a découvert le centre historique illuminé de la ville : place Tiananmen et cité interdite. Ses discussions à Pékin devraient porter sur de grands dossiers complexes et parfois des contentieux : climat avant la conférence de Copenhague, différends commerciaux, niveau du yuan, prolifération nucléaire en Corée du Nord et en Iran, droits de l'homme.


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