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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Les talibans plongent le Pakistan dans un scénario « à l’irakienne »

Les combattants islamistes multiplient les opérations de guérilla et les attentats-suicide.
Kamikazes, voitures piégées, tactiques de guérilla : les talibans plongent le Pakistan dans une spirale plus meurtrière que le conflit en Afghanistan, prenant chaque jour davantage des airs de scénario « à l'irakienne », estiment des experts. Pour le seul mois d'octobre, plus de 320 personnes, dont 170 civils, ont été tuées lors d'attentats commis sur des marchés de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, selon des bilans établis de sources policière et médicale. Par comparaison, en Afghanistan voisin, les attaques ont été plus fréquentes, mais le nombre de morts a été inférieur (132).
« Le danger est beaucoup plus important (au Pakistan). C'est un pays plus grand, plus avancé technologiquement avec l'arme nucléaire », relève Rahimullah Yusufzai, expert des questions tribales. « Les derniers trois ou quatre attentats sur des marchés faisaient partie d'une stratégie utilisée en Irak », ajoute-t-il.
Depuis vendredi, une trentaine de personnes ont été tuées dans trois attentats-suicide dans le nord-ouest du Pakistan. Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) en a revendiqué deux. Les talibans alliés à el-Qaëda avaient promis d'intensifier leurs attaques dans les villes, pour riposter à l'offensive terrestre lancée il y a quatre semaines par l'armée dans leur fief tribal du Waziristan du Sud. Le porte-parole du TTP, Azam Tariq, a ainsi évoqué une opération de « guérilla » dans les montagnes du Waziristan et l'attaque de villes destinées à prouver que les islamistes peuvent « lutter encore pendant des années ». Très symboliquement, un des deux attentats-suicide de vendredi a dévasté les bureaux des redoutés services de renseignements à Peshawar.
« Nous pouvons nous attendre à une stratégie de guérilla », explique Mutahir Sheikh, directeur des relations internationales à l'université de Karachi.
Les combattants islamistes peuvent aussi compter dans leur fief sur le soutien de la population locale ulcérée par les fréquentes attaques des drones de la CIA, ou de l'armée américaine stationnée en Afghanistan, dans les zones tribales pakistanaises frontalières de l'Afghanistan. Depuis 2008, quelque 70 attaques de drones américains ont fait près de 600 morts dans le nord-ouest du Pakistan. Le TTP, qui a fait allégeance à el-Qaëda, avait décrété à l'été 2007, à l'unisson d'Oussama Ben Laden, le jihad contre Islamabad, lui reprochant de s'être allié à Washington dans sa « guerre contre le terrorisme ».
Toutefois, notent certains experts, ces attentats qui provoquent des carnages de civils sur des marchés locaux pourraient « avoir un prix ». « Aucune guérilla ne peut survivre sans soutien local », insiste M. Yusufzai. Des défections ont déjà été enregistrées dans les rangs de la tribu des Mehsud, dont sont issus les principaux chefs du TTP et le plus gros de ses troupes. « Il se peut que des chefs tribaux aient aidé les talibans mais, maintenant, nous, les tribus Mehsud, ne sommes pas de leur côté », a assuré un membre de cette tribu, Haji Khan Mohammad Mehsud.

Jennie MATTHEW (AFP)
Kamikazes, voitures piégées, tactiques de guérilla : les talibans plongent le Pakistan dans une spirale plus meurtrière que le conflit en Afghanistan, prenant chaque jour davantage des airs de scénario « à l'irakienne », estiment des experts. Pour le seul mois d'octobre, plus de 320 personnes, dont 170 civils, ont été tuées lors d'attentats commis sur des marchés de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, selon des bilans établis de sources policière et médicale. Par comparaison, en Afghanistan voisin, les attaques ont été plus fréquentes, mais le nombre de morts a été inférieur (132).« Le danger est beaucoup plus important (au Pakistan). C'est un pays plus...
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