Accompagné de son épouse et de leur fils, le Premier ministre Hashim Thaci a voté dès le début de la matinée. « Pour les citoyens du Kosovo, cette journée est la plus importante après la proclamation de l'indépendance », le 17 février 2008, a-t-il dit, ajoutant : « C'est une journée historique. Nous nous sommes tous sacrifiés pour y arriver. Nous confirmons aujourd'hui que ce pays mérite son indépendance et sa perspective européenne. »
Selon la Commission électorale, la participation s'élevait à midi à environ 15 % des 1,5 million d'électeurs, qui étaient appelés à choisir leurs maires et leurs adjoints dans 36 communes, y compris Pristina, la capitale. Ces élections sont les premières organisées par les autorités kosovares. Les scrutins précédents au Kosovo étaient assurés, depuis 1999, date du départ des forces serbes, par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Les Serbes semblaient participer sensiblement dans les enclaves. Des files d'attente se formaient même devant les bureaux de vote à Gracanica, une importante enclave serbe située non loin de Pristina. Selon des responsables locaux chargés de surveiller les élections, plus de 10 % des 18 000 habitants du secteur avaient voté avant 14h00. Plusieurs porte-parole influents des Serbes des enclaves, quelque 80 000 personnes, ont appelé à voter pour faire en sorte que les Serbes, une petite minorité face à une population presque exclusivement albanaise au Kosovo, puissent se faire entendre des autorités de Pristina. Selon la Commission électorale, 22 des 74 partis politiques, coalitions et candidats individuels enregistrés pour les élections sont serbes.
La situation était très différente dans le nord du Kosovo, où l'appel au boycott des autorités de Belgrade était massivement suivi. Il est vrai que la région est limitrophe de la Serbie et que les Serbes, quelque 40 000 personnes, y sont largement majoritaires.


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