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Moyen Orient et Monde - Immigration

Le débat sur l’« identité nationale » française s’enferre dans la politique

L'opposition de gauche dénonce une initiative visant à flatter l'électorat d'extrême droite à l'approche d'élections régionales.

Défendu dans une rhétorique droitière par le président Nicolas Sarkozy, le grand débat lancé en France sur l'« identité nationale » alimente une vive controverse politique, éclipsant la réflexion des citoyens sur ce qu'« être français » signifie au XXIe siècle. « Être français est un honneur, il nous appartient à tous de le mériter », a lancé jeudi Nicolas Sarkozy, dans un discours symboliquement prononcé sur le plateau du Vercors, un haut lieu de la résistance aux nazis.
Ouvert initialement fin octobre par Éric Besson, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, pour rétablir la « fierté d'être français », le débat doit donner lieu à un « grand colloque de synthèse » en février. D'ici là, un site Internet officiel a été ouvert à toutes les contributions, et des réunions doivent avoir lieu dans toutes les préfectures du pays.
Cette initiative, largement orientée par le gouvernement vers le thème de l'immigration, a déclenché l'ire de l'opposition de gauche, qui a dénoncé une initiative visant à flatter l'électorat d'extrême droite à l'approche d'élections régionales, l'an prochain. Ce débat a un « côté malsain extrêmement dangereux quand on veut opposer identité nationale et immigration », a jugé la dirigeante socialiste Martine Aubry. « Le problème de l'identité de la France, c'est qu'aujourd'hui, on casse ce à quoi nous tenons : notre modèle social, les services publics, la France des droits de l'homme, la France des libertés (...), de la solidarité », a-t-elle ajouté.
« Jamais, sauf au moment du pétainisme (régime de collaboration avec l'occupant nazi), nous n'avons défini ce que nous sommes par le rapport à l'étranger », a commenté de son côté le député européen PS Vincent Peillon.
Tout en défendant le principe d'une « identité plurielle » de la France, Nicolas Sarkozy a souligné jeudi que « devenir français, c'est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des mœurs ».
« La France est un pays de tolérance et de respect. Mais la France demande aussi qu'on la respecte », a-t-il dit, mêlant au même discours la dénonciation du voile intégral musulman, la burqa, pour laquelle il n'y a « pas de place » en France, et promettant l'expulsion à « tous ceux qui viendront en France pour appeler à la violence et la haine de l'autre ».
Sur le site gouvernemental, une liste de questions et de suggestions versées au débat par le gouvernement oriente de fait nettement les discussions vers le rapport à l'immigration, au communautarisme. Outre l'obligation de faire chanter la Marseillaise aux enfants, il est notamment proposé d'instituer un nouveau « contrat avec la République » pour tous les immigrés. Ce débat a suscité des discussions enflammées entre intellectuels, certains, comme l'historien Max Gallo, le jugeant salutaire, d'autres, comme son confrère Patrick Weil, estimant qu'il ne revenait pas au pouvoir politique de définir l'identité nationale.
Mais au-delà du débat politisé, le politologue Philippe Braud relève qu'il répond à une « vraie interrogation » au sein de la société, un « certain mal-être identitaire en France » lié à la rupture du modèle d'intégration, à la mondialisation et à la construction de l'Europe.
« Être français, apparemment, c'est se poser la question "qu'est-ce qu'être français ?".
Nous devons être le seul pays du monde à se la poser », relevait hier un internaute, Frédéric M., sur le site Internet officiel. « Moi qui m'étais fait à l'idée d'être européen. Finalement le débat ne devrait-il pas être "qu'est-ce qu'être européen" ? » s'interrogeait Niko, un autre internaute sur debatidentitenationale.fr.

Défendu dans une rhétorique droitière par le président Nicolas Sarkozy, le grand débat lancé en France sur l'« identité nationale » alimente une vive controverse politique, éclipsant la réflexion des citoyens sur ce qu'« être français » signifie au XXIe siècle. « Être français est un honneur, il nous appartient à tous de le mériter », a lancé jeudi Nicolas Sarkozy, dans un discours symboliquement prononcé sur le plateau du Vercors, un haut lieu de la résistance aux nazis.Ouvert initialement fin octobre par Éric Besson, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, pour rétablir la « fierté...
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