M. Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine.
« Au vu des sommes colossales dépensées pour sauver les banques et les industries, on peut considérer que le montant requis pour les objectifs de développement (du millénaire pour l'Afrique) et qui ne représentent par ailleurs qu'une infime partie desdites sommes, était donc bel et bien là et pouvait être débloqué à tout moment », a-t-il constaté.
« Mais en fait, le vrai problème n'est peut-être pas d'avoir les moyens d'éradiquer la pauvreté mais plutôt la priorité accordée à cette cause et partant la volonté politique de le faire ! » a-t-il estimé.
« L'Afrique doit d'abord compter sur elle-même, sur ses propres ressources et ses propres capacités et ne pas axer ses stratégies de développement sur les promesses jamais tenues d'apports extérieurs », a-t-il affirmé.
L'Afrique doit « encore moins spéculer là-dessus, même si elle paie aujourd'hui le prix fort d'un système financier international qui l'avait superbement écartée de la gouvernance et qui avait aussi fermé les yeux, sinon encouragé des comportements irresponsables », a-t-il poursuivi.
Jugeant les Occidentaux peu fiables, notamment par rapport à leurs promesses d'aide au développement, le patron de l'UA a souligné que « l'Afrique a raison de diversifier ses partenariats stratégiques ».
« Malgré les fluctuations internationales, la Chine a reconfirmé sa volonté politique à accompagner l'Afrique dans son développement et, à ce titre, a honoré ses promesses envers l'Afrique », a-t-il souligné.
Les Africains estiment que la crise économique globale a été causée par le manque de règlementation des marchés financiers et la spéculation. Selon eux, le continent est frappé de plein fouet par les conséquences de la crise qui s'ajoute à une hausse chronique des carburants et une baisse des matières premières agricoles.
M. Ping s'est toutefois félicité que l'Afrique ait été associée aux réunions internationales pour lutter contre la crise économique parce que « le monde a conscience qu'il sera désormais impossible de continuer plus longtemps à ignorer tout un continent où vit un septième de la population mondiale et qui aura également un marché d'1,4 milliard de consommateurs en 2020/2025 ».
« Les responsables de la crise devront assumer leurs responsabilités vis-à-vis des pays en développement », a indiqué pour sa part Emmanuel Nnandozie, directeur de la division commerce, finance et développement économique de la CEA. « L'Afrique paye déjà le prix de la crise avec une croissance en plein déclin et d'importants impacts socio-économiques », a-t-il ajouté.
La croissance économique de l'Afrique pour 2009 a été revue à la baisse à moins de 2 % par des experts.


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