Selon un conseiller du gouvernement saoudien, des appareils saoudiens ont « durement frappé » mercredi et jeudi des positions des rebelles chiites zaïdites dans la province frontalière de Saada, fief de la rébellion à 240 km au nord de Sanaa. « Une petite portion de territoire (saoudien) a été reprise aux rebelles et leurs camps autour de Saada ont été touchés », a ajouté ce conseiller qui a requis l'anonymat. « Ce n'est pas une opération éclair, c'est une action qui va durer et qui peut inclure une incursion terrestre » au Yémen pour « nettoyer les camps rebelles », en coordination avec les autorités yéménites, selon lui. Néanmoins, dans un communiqué, le gouvernement saoudien n'a pas parlé de bombardements en territoire yéménite, mais contre les rebelles « en territoire saoudien » près de la région de Jebel al-Doukhan. Le site Internet saoudien jazannews.org a montré des maisons dans des villages saoudiens endommagées par des tirs présumés de mortier des rebelles.
Les rebelles ont de leur côté affirmé avoir fait plusieurs prisonniers parmi les soldats saoudiens. « Nous diffuserons des images les montrant d'ici à quelques heures », a déclaré le porte-parole des rebelles Mohammad Abdelsalam à la télévision al-Jazira, affirmant que cette « agression saoudienne scandaleuse » n'avait « aucune justification ».
À Washington, le département d'État s'est dit « inquiet de l'extension du conflit » à la frontière entre l'Arabie saoudite et le Yémen, appelant l'ensemble des parties à « protéger les populations civiles ».
Par ailleurs, sur le plan humanitaire, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé hier qu'il avait entrepris d'étudier l'éventuel impact des raids saoudiens contre les rebelles chiites sur les quelque 4 000 civils déplacés à la frontière entre les deux pays. Selon l'ONU, 150 000 personnes au total ont été déplacées au Yémen par les combats des derniers mois.


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