La banque britannique sera scindée en deux : une structure de défaisance (« bad bank ») pour liquider ses crédits hypothécaires à risque, et une banque saine qui poursuivra ses activités commerciales et sera revendue à terme.
Cette dernière aura une part de marché réduite de plus de moitié et un bilan pesant « environ un quart » de celui de la Northern Rock d'avant la crise, de quoi « corriger l'expansion excessive » menée auparavant, s'est félicitée la Commission.
Deux jours plus tôt, c'est ING qui pliait et annonçait la vente d'ici à 2013 de ses activités d'assurances et de gestion d'investissements, un bouleversement qui réduira son bilan de 45 %.
Les négociations liées à l'enquête de Bruxelles sur les aides publiques dont il a bénéficié « ont agi comme un catalyseur », a reconnu le bancassureur néerlandais.
La Commission n'a ni confirmé ni démenti avoir imposé le démantèlement, faisant seulement état de « progrès » dans ses négociations concernant ING.
« Pensez-vous vraiment qu'ils fassent davantage que ce qu'ils sont obligés de faire ? » a toutefois souligné une source européenne.
Les règles européennes de la concurrence, dont la Commission est la gardienne, prévoient que toute société bénéficiaire d'aides publiques les rembourse dans les six mois ou se restructure pour les compenser.
Mais la commissaire à la Concurrence Neelie Kroes, en fin de mandat, semble décidée à laisser sa marque en se montrant particulièrement sévère envers les banques, à la mesure des soutiens publics massifs qu'elles ont obtenus.
Elle martèle depuis plusieurs mois qu'elle ne veut plus de banques « trop grandes pour tomber » car leur faillite aurait des répercussions trop graves sur l'ensemble du système financier.
Et elle passe aux actes. Avant ING et Northern Rock, les allemandes Commerzbank et WestLB notamment ont accepté de réduire leur bilan de respectivement 45 % et 50 %.
Même la liquidation n'est plus un tabou. Il faut « s'assurer qu'il soit toujours possible, politiquement et économiquement, de laisser une banque faire faillite, quelle que soit sa taille », affirmait un document publié la semaine dernière par la Commission.
Les banques dont Bruxelles examine toujours le dossier ont de quoi s'inquiéter.
« C'est un peu effrayant ce qui se passe avec ING », reconnaît une source bancaire. Un sentiment partagé par les Bourses : depuis l'annonce du néerlandais, les cours des banques bénéficiaires d'aides encore cotées sont dans le rouge.
Neelie Kroes a averti depuis longtemps les britanniques Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group qu'elles ne s'en tireraient pas sans importantes cessions d'actifs.
Le dossier de la franco-belge Dexia, sur laquelle Bruxelles a ouvert une enquête depuis plus de sept mois, semble également délicat.
Son patron Pierre Mariani affirme que le travail de restructuration a « été largement fait », avec la cession de la filiale américaine de rehaussement de crédits FSA et des suppressions d'emplois.
Mais cela ne suffira pas forcément à amadouer Neelie Kroes, qui l'a ailleurs mis récemment en garde, comme ING, après l'annonce d'un rachat anticipé d'obligations, une opération qui pourrait signifier que l'État s'est montré trop généreux et qu'il faut restructurer davantage.


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