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Moyen Orient et Monde - Affaire Clearstream

Villepin « garde la main ouverte » vers Sarkozy et veut « servir les Français »

Le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement en délibéré au 28 janvier 2010.
Le procès de la manipulation menée avec des faux listings de la société Clearstream en 2004 s'est achevé hier sur une dernière protestation d'innocence de Dominique de Villepin, alors que le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement en délibéré au 28 janvier 2010.
« Certains ont pu penser que ce serait infâmant pour moi de comparaître devant la justice. Mais à aucun moment, je n'ai eu le sentiment d'être humilié », a dit l'ancien Premier ministre, dans sa dernière déclaration devant le tribunal.
S'exprimant ensuite devant les journalistes, il a ajouté : « Je pense que les Français savent maintenant que j'ai été accusé à tort. »
Jugé pour « complicité de dénonciation calomnieuse », Dominique de Villepin fait face à Nicolas Sarkozy notamment, une des quelque 40 parties civiles de cette affaire de manipulation sans précédent sous la Ve République, marquée par de violentes attaques réciproques.
« Je garde la main ouverte vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas de rancœur au fond de moi », a dit Dominique de Villepin devant les caméras à la sortie du tribunal.
« Je veux que les Français sachent que, pendant quatre ans, j'ai souffert ainsi que ma famille d'un acharnement, mais je veux tourner la page et je veux regarder vers l'avenir », a-t-il dit.
Le parquet a demandé contre lui 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende mercredi dernier.
L'avocat du vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, Paul-Albert Iweins, plaidant en dernier, a résumé sa vision de l'affaire par une formule empruntée à un livre de l'autre prévenu, Imad Lahoud. « Au bout du compte, cette histoire est un peu celle du Père Noël, tout le monde sait bien qu'il n'existe pas, mais chacun voudrait quand même y croire », a lu l'avocat.

Le monde de Oui-Oui
Imad Lahoud est mis en cause pour avoir remis au juge Renaud Van Ruymbeke en avril 2004 les listes comportant les noms de centaines de personnes, dont Nicolas Sarkozy mais aussi ceux des rivaux industriels de Jean-Louis Gergorin.
La veille, l'avocat du Franco-Libanais Imad Lahoud, auteur présumé des faux listings de l'affaire politico-financière Clearstream, a chargé au procès les autres accusés, dont Dominique de Villepin, qui l'auraient selon lui contraint à prononcer des « torrents de mensonges ». Le parquet avait requis mardi deux ans de prison dont 18 mois ferme et 45 000 euros d'amende à l'encontre d'Imad Lahoud, un agrégé de mathématiques franco-libanais. Il est soupçonné d'avoir falsifié des listings de l'institution financière Clearstream ensuite remis à la justice, en y ajoutant le nom de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire qu'elles détenaient des comptes occultes à l'étranger.
M. Lahoud, dont les contradictions ont été relevées lors de ce procès hors norme, « a menti parce qu'il était tenu par des protecteurs puissants, par des parrains de haut vol qui pendant les faits, pendant l'instruction, le tenaient », a plaidé Me Olivier Pardo. Il a cité dans ce rôle les principaux coinculpés au procès, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin et l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin, ainsi qu'un ancien responsable du renseignement, le général Philippe Rondot, témoin. Dominique de Villepin connaissait Imad Lahoud, a maintenu l'avocat, contrairement à ce qu'a affirmé l'ex-Premier ministre au procès.
Dans l'affaire Clearstream, a dit Me Iweins, le Père Noël était Imad Lahoud, qui a rédigé en 2003 les faux listings. « Mais voilà, dans cette affaire, le Père Noël n'est pas une ordure, il est un escroc », a-t-il dit en parlant d'Imad Lahoud, qui aurait selon lui piégé son client.
Le parquet a requis contre Jean-Louis Gergorin trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 45 000 euros d'amende, estimant qu'il était de mauvaise foi et a voulu sciemment détruire ses ennemis. Me Iweins a souligné que ses théories sur la corruption du monde de l'armement étaient justifiées.
« Nous ne sommes pas dans le monde de Oui-Oui, où tout le monde vend ses avions gentiment et (où) tout se passe bien », a-t-il estimé, dans une allusion au personnage de dessin animé pour enfants.
Il a rappelé que les dénonciations au juge Van Ruymbeke s'effectuaient dans le cadre d'une enquête sur une vente de frégates par Thomson, devenu Thales, à Taïwan en 1991, où la procédure a établi qu'ont été versées des commissions illégales de 500 millions de dollars.
Le juge Van Ruymbeke a refermé cette enquête sur un non-lieu, car les gouvernements français de droite comme de gauche lui ont opposé le secret de défense. Me Iweins a rabroué le procureur Jean-Claude Marin qui souriait ironiquement. « Je serais à votre place, je ne serais pas fier de ce non-lieu (dans l'affaire des frégates) », a-t-il dit.
Le procès de la manipulation menée avec des faux listings de la société Clearstream en 2004 s'est achevé hier sur une dernière protestation d'innocence de Dominique de Villepin, alors que le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement en délibéré au 28 janvier 2010.« Certains ont pu penser que ce serait infâmant pour moi de comparaître devant la justice. Mais à aucun moment, je n'ai eu le sentiment d'être humilié », a dit l'ancien Premier ministre, dans sa dernière déclaration devant le tribunal.S'exprimant ensuite devant les journalistes, il a ajouté : « Je pense que les Français savent maintenant que j'ai été accusé à...
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