Le Premier ministre et le patron du géant allemand Volkswagen, premier investisseur étranger dans l'automobile en Russie, se sont ensuite attelés à marteler un seul et même message : le marché russe reste un des plus prometteurs et mérite toutes les attentions.
« Je ne doute pas que les constructeurs seront en mesure de surmonter les difficultés actuelles, de moderniser leur production, de lancer des modèles concurrentiels et demandés », a lancé M. Poutine en découvrant l'immense usine VW de Kalouga (180 km au sud-ouest de Moscou).
Le chef du gouvernement avait fort à faire pour remonter le moral des troupes, alors que les ventes de voitures se sont effondrées de 50 % en Russie depuis le début de l'année et que le fabricant des célèbres Lada, Avtovaz, est au bord du dépôt de bilan.
M. Poutine a souligné au passage que la « plupart des grands constructeurs étrangers » - de Ford à Renault - avaient des usines en Russie et qu'ils constituaient des acteurs à part entière de l'industrie automobile nationale. Pas de quoi rassurer Avtovaz, ex-mastodonte soviétique très malmené par la concurrence des marques étrangères.
Jouant les cachotiers, le Premier ministre a vanté les mérites d'un nouveau modèle qui sera assemblé à partir de 2010 à Kalouga et assuré qu'il allait faire un tabac en Russie.
« C'est un grand secret pour l'entreprise, j'ai promis de me taire », a-t-il lancé, de quoi ravir son auditoire, de la bouche d'un ancien agent du KGB en RDA.
« Mais je pense que c'est un modèle à forte perspective pour la Russie, fait spécialement pour la Russie et (...) qui correspond aux conditions futures du marché », a-t-il ajouté.
La mèche était pourtant déjà vendue. L'usine doit fabriquer trois nouveaux modèles à partir de 2010, dont une VW spéciale pour le marché russe, basée sur la Polo, qui n'a pas encore de nom.
« La crise économique mondiale a aussi durement frappé l'industrie automobile dans ce pays (...). Mais la Russie est sur la voie de devenir une des premières nations « automobile » du monde », a renchéri le PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn.
« Bien sûr, 2010 sera une année difficile mais à moyen terme, le marché russe se reprendra nettement », a-t-il ajouté, estimant qu'il pourrait croître de plus de 30 % par rapport à 2008 à quelque 3,5 millions de véhicules par an et « devenir ainsi le plus grand d'Europe ».
Dans ce contexte, Volkswagen n'a pas l'intention de réduire la voilure en Russie, qui constitue « un élément clé de la stratégie de croissance du groupe à l'horizon 2018 », a poursuivi M. Winterkorn.
Le PDG n'en a pas moins appelé M. Poutine à faire plus pour soutenir le secteur. « Nous espérons que le gouvernement russe ne regardera pas sans rien faire l'effondrement général du marché », a-t-il dit, en plaidant notamment pour des primes à la casse. Le constructeur compte vendre 100 000 voitures en 2009 en Russie, contre 130 000 l'an dernier.
L'usine de Kalouga - où le groupe a déjà investi 570 millions d'euros - emploie 1 800 personnes et en comptera 3 000 d'ici à la fin 2010, lorsque trois nouveaux modèles y seront assemblés.


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