Formation similaire au Hezbollah
Le président a relevé que les combattants zaïdites semblent avoir une formation similaire à celle des combattants du Hezbollah. « Ils ont été entraînés sur le modèle des actions menées par le Hezbollah dans le sud du Liban », a-t-il dit, indiquant que des informations non confirmées font état de « la présence d'instructeurs du sud du Liban à Saada », le fief des rebelles zaïdites.
Il a en outre estimé que la rébellion zaïdite cherchait à créer, sur la frontière saoudo-yéménite, « une zone tampon chiite » dans le but de « nuire au Yémen et à l'Arabie saoudite ». Les rebelles zaïdites, qui disputent aux autorités de Sanaa le contrôle des provinces de Saada et d'Omrane où la guerre fait rage, « avancent actuellement vers l'ouest, en direction de la mer Rouge pour y prendre pied », selon lui. Il a également dénoncé une alliance tactique entre la rébellion zaïdite, el-Qaëda qui se renforce au Yémen et le courant sécessionniste qui se développe dans le sud du pays. « Je ne pense pas qu'ils sont animés par les mêmes principes, mais ils ont un seul adversaire : le régime politique de la république yéménite », a-t-il dit.
De son côté, la rébellion zaïdite a affirmé que des militaires saoudiens avaient tiré à l'arme lourde contre un village yéménite frontalier du royaume saoudien, dans un communiqué mis en ligne hier. Cette action, qui constitue « un très grave développement et une flagrante agression contre le peuple yéménite », témoigne de « l'ampleur de l'ingérence croissante de l'Arabie saoudite dans les affaires internes du Yémen », ajoute la rébellion, sans préciser la date de l'action incriminée. L'information a été démentie par un responsable de la sécurité yéménite, qui a ajouté que l'Arabie saoudite ne jouait aucun rôle dans le conflit.
Référendum sur l'autodétermination du Sud ?
D'autre part, l'ancien dirigeant sudiste yéménite Ali Salem al-Baid a appelé hier l'ONU à organiser un référendum sur l'autodétermination du sud du Yémen et qualifié l'armée nordiste de « forces d'occupation ». Dans une interview accordée à l'AFP depuis l'Allemagne où il vit en exil, M. Baid a demandé à l'ONU « de former une commission d'enquête sur la situation dans le Sud, et d'y organiser un référendum sur l'autodétermination ». M. Baid, principale figure du mouvement séparatiste sudiste, a également appelé les Arabes à intervenir pour « régler la question par le dialogue, afin d'éviter que la situation ne dégénère en une guerre civile qui pourrait être exploitée par des parties extérieures ».
Ancien vice-président lors de l'unification du Yémen du Nord et du Sud en 1990, M. Baid a proclamé la sécession du Sud en mai 1994, avant de s'exiler lors de l'entrée des troupes nordistes à Aden en juillet de la même année. Il a affirmé que la situation dans le Sud était actuellement « explosive », accusant « les forces d'occupation » nordistes de « se comporter comme les forces d'occupation israéliennes » en Cisjordanie. Il a accusé le président Ali Abdallah Saleh d'avoir « posté ses unités militaires dans le Sud, et d'avoir mis la main sur la terre et les ressources, car la plus grande partie du pétrole se trouve dans le Sud ». À la question de savoir si les séparatistes sudistes envisageaient un recours à la violence si les autorités nordistes n'accédaient pas à leurs demandes, il a répondu que « le mouvement pacifique ne peut pas se poursuivre indéfiniment ». « Ce qui est certain, c'est que le peuple du Sud-Yémen marche clairement vers un État indépendant avec Aden pour capitale. Nous sommes dans le dernier quart d'heure », a encore assuré l'ancien dirigeant du Parti socialiste yéménite, au pouvoir dans l'ex-Yémen du Sud.


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