En soirée, Washington a qualifié la séance de
« bon début ».
Les délégations iranienne et française sont dirigées par leurs ambassadeurs respectifs près l'AIEA, Ali Ashgar Soltanieh et Florence Mangin. L'équipe américaine est dirigée par le secrétaire adjoint à l'Énergie, Dan Poneman, secondé par le représentant de Washington auprès de l'agence, Glyn Davies. La délégation russe est pilotée par le vice-responsable de l'agence atomique russe, Nikolaï Spassky. Les négociateurs doivent se retrouver aujourd'hui à 08h00 GMT, à nouveau au siège viennois de l'agence onusienne.
Avant même le début des discussions, Téhéran avait averti hier matin qu'en cas d'échec, l'Iran procéderait par ses propres moyens à l'enrichissement d'uranium à 20 % : « La République islamique d'Iran continuera son enrichissement d'uranium jusqu'à 5 %, mais si les négociations ne donnent pas de résultats adéquats, nous commencerons à produire de l'uranium enrichi à 20 % et ne renoncerons jamais à notre droit », a déclaré Ali Shirzadian, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), cité par l'agence de presse iranienne IRNA. Le 1er octobre à Genève, après 15 mois sans la moindre négociation directe, l'Iran et les pays du groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) étaient parvenus à un accord de principe : Téhéran livrerait une partie de son uranium enrichi à moins de 5 % à un pays tiers pour obtenir en contrepartie de l'uranium enrichi à 19,75 % pour son réacteur de recherche à Téhéran, totalement sous contrôle de l'AIEA, et cela à des fins médicales.
Ces nouvelles discussions entre puissances nucléaires et l'Iran sont considérées comme cruciales pour tenter d'apaiser les tensions sur le programme nucléaire controversé. L'Iran, dont la priorité est d'obtenir du combustible pour son réacteur de recherche, va devoir livrer à un pays tiers la plus grande partie de ses 1 500 kg d'uranium, enrichi ces dernières années malgré les injonctions du Conseil de sécurité de l'ONU de geler ces activités jusqu'à ce que l'AIEA puisse affirmer que le programme est purement civil, comme l'affirme Téhéran. Les Occidentaux, en revanche, soupçonnent le régime islamique de vouloir se doter de l'arme atomique, un objectif nécessitant de l'uranium hautement enrichi.
Concrètement, les quatre pays doivent mettre au point le volume et les modalités de ce transfert d'uranium faiblement enrichi vers des usines spécialisées en Russie et en France de façon à obtenir des niveaux d'enrichissement nécessaires à la fabrication d'isotopes à des fins de traitements médicaux (cancer notamment) dans le réacteur de recherche de Téhéran. Toutefois, hier, plusieurs médias iraniens ont rapporté que l'Iran exclut un dialogue direct avec la France concernant la livraison d'uranium enrichi, en raison d'un contentieux sur le nucléaire avec Paris. Selon la chaîne de télévision en langue arabe, al-Alam, qui cite une source proche des négociateurs iraniens à Vienne, la France « ne s'est pas conformée à ses obligations antérieures envers l'Iran dans le cadre de la coopération nucléaire » bilatérale.


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