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Moyen Orient et Monde - Arabie Saoudite

Création d’un nouveau groupe de défense des droits de l’homme

Des militants saoudiens ont créé une nouvelle organisation de défense des droits de l'homme pour lutter contre la multiplication des violations, selon eux, des droits fondamentaux dans le royaume ultraconservateur, mais ils craignent un veto de la part des autorités.
Ces onze militants, dont des juristes, ont envoyé dimanche soir une déclaration au roi Abdallah l'informant de la création de l'Association pour les droits civiques et politiques, a indiqué à l'AFP l'un d'eux, Mohammad al-Qahtani, un professeur de sciences politiques. Ils ont en même temps pressé le gouvernement d'adopter une loi sur les associations pour que leur organisation ait une existence légale. Ces activistes ont toutefois exprimé leurs craintes quant à la réponse des autorités, expliquant que les services de sécurité avaient déjà commencé à poser des questions sur les personnalités susceptibles de se joindre à leur groupe. M. Qahtani a estimé que le pays était « ouvert maintenant, du moins dans la rhétorique » officielle, citant le « programme de dialogue national » initié par le roi et l'ouverture récente d'une université de haute technologie qui pratique la mixité pour la première fois dans le royaume.
La déclaration indique que l'association se propose de lutter contre les violations des droits de l'homme de plus en plus fréquentes, selon elle, depuis la guerre du Golfe de 1990. Elle veut s'intéresser aux racines des violentes attaques à l'intérieur du royaume, y compris les attentats commis par el-Qaëda entre 2003 et 2005. « Quand on interdit aux gens d'exprimer pacifiquement leurs opinions, on les pousse à former des organisations secrètes et violentes », estime l'association. M. Qahtani a dit que son groupe, qui se veut indépendant, allait mener des études sur les questions politiques et sociales, et les rendre publiques. « Tout ce qui va mal dans notre société a une relation avec le régime politique », a-t-il souligné, expliquant que son groupe avait envoyé la déclaration au roi parce qu'il « détient toute l'autorité ».
L'Arabie est une monarchie absolue où ni les partis politiques ni les associations ne sont autorisés. Ceux qui militent pour la démocratie sont souvent arrêtés, même si ces arrestations se sont raréfiées ces dernières années, selon des activistes. Depuis la vague d'attentats de 2003, des milliers de personnes ont été arrêtées et certaines gardées pendant de longues périodes sans jugement.
Le groupe a appelé le gouvernement à entériner la loi sur les ONG, attendue depuis longtemps. Après avoir été adoptée il y a près de trois ans par le Conseil consultatif, une Assemblée non élue, le projet de loi est aux mains du Conseil des ministres qui n'a pris aucune décision. L'Arabie saoudite a deux organisations officielles des droits de l'homme qui ont été créées en 2004. L'une est directement contrôlée par les autorités et l'autre a une petite marge d'indépendance. Une troisième, The Human Rights First Society, travaille sans autorisation. « J'espère que les autorités vont avoir une attitude positive à l'égard de toutes nos organisations car elles sont pour les réformes et sont en train de mener une bataille idéologique en faveur du régime », a déclaré à l'AFP le chef de la troisième association, Ibrahim Mugaiteeb. « On ne peut se battre contre le fondamentalisme avec la seule arme de la sécurité », a-t-il ajouté.
Des militants saoudiens ont créé une nouvelle organisation de défense des droits de l'homme pour lutter contre la multiplication des violations, selon eux, des droits fondamentaux dans le royaume ultraconservateur, mais ils craignent un veto de la part des autorités.Ces onze militants, dont des juristes, ont envoyé dimanche soir une déclaration au roi Abdallah l'informant de la création de l'Association pour les droits civiques et politiques, a indiqué à l'AFP l'un d'eux, Mohammad al-Qahtani, un professeur de sciences politiques. Ils ont en même temps pressé le gouvernement d'adopter une loi sur les associations pour que leur organisation ait une existence légale. Ces activistes ont toutefois exprimé leurs craintes quant à la réponse...
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