Certains responsables israéliens, cités sous couvert d'anonymat, ont laissé entendre qu'Israël pourrait revoir ses projets de vente d'armes à la Turquie, après cette décision d'Ankara. Mais hier, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a mis en garde contre toute réaction disproportionnée. « Les relations entre Israël et la Turquie sont stratégiques, remontant à des dizaines d'années (...) Malgré tous les hauts et les bas, la Turquie continue d'être un acteur principal dans notre région et ce n'est pas nécessaire de se faire entraîner dans des déclarations hostiles à son égard », a-t-il dit. Les rapports entre les deux pays, qui coopèrent étroitement en matière de défense, se sont tendus depuis les critiques sans précédent du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, contre l'offensive menée en décembre et janvier derniers par Israël dans la bande de Gaza. Sur le plan politique, Ankara a déjà usé de ses bonnes relations, tant avec Israël qu'avec les Palestiniens ou le monde arabe en général, pour mener des missions de bons offices. Des discussions indirectes entre Israël et la Syrie ont eu lieu en Turquie, en 2008. Mais depuis la guerre de Gaza, qui a fait 1 400 victimes palestiniennes, les relations se sont détériorées. En début d'année, lors du Forum économique de Davos (Suisse), M. Erdogan a laissé éclater sa colère au cours d'un débat, accusant le président israélien, Shimon Peres, de « savoir très bien comment tuer des gens ». Cette sortie a fait de M. Erdogan un héros dans le monde arabe et en Turquie, pays musulman où la population est mobilisée en faveur de la cause palestinienne.
Outre Israël et la Turquie, les aviations américaine et italienne, et les forces de l'OTAN devaient participer à ces manœuvres, organisées depuis 2001. Cinq ans auparavant, la Turquie et Israël avaient signé un accord de coopération militaire. Les chasseurs israéliens profitent de ces exercices pour se livrer à des entraînements qu'ils ne peuvent faire dans leur espace national restreint.
Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a laissé entendre dimanche que l'offensive israélienne contre Gaza n'était pas étrangère à la décision turque d'écarter l'aviation israélienne. « Nous espérons que la situation à Gaza va s'améliorer (...) et pourra créer une nouvelle atmosphère pour les relations turco-israéliennes aussi », a-t-il déclaré sur CNN. Mais « en l'état actuel des choses, nous critiquons cette approche, l'approche d'Israël », a ajouté le ministre qui, selon des sources israéliennes, avait annulé une visite en Israël début septembre.
Burak AKINCI (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine