Le Premier ministre irlandais Brian Cowen n'avait pas attendu les résultats définitifs pour se féliciter d'une victoire « éclatante » du « oui ». « Aujourd'hui, le peuple irlandais a parlé de façon claire et éclatante, c'est un grand jour pour l'Irlande et c'est un grand jour pour l'Europe », s'est-il réjoui. Tôt dans la matinée, l'homme d'affaires Declan Ganley, figure de proue du camp du « non », avait concédé la défaite. « Nous pensons qu'il s'agit d'une victoire très convaincante pour le camp du "oui" », a-t-il déclaré, dénonçant « un vote basé plus sur la crainte que sur l'espoir ». Les partisans du « oui » ont basé leur campagne sur les risques que ferait peser un rejet du traité sur une Irlande déjà plongée en pleine crise économique.
L'annonce de la victoire du « oui » a fait pousser un ouf de soulagement aux responsables de l'Union européenne. « Merci l'Irlande », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. « J'espère que la procédure (pour la ratification du traité) va désormais aller le plus vite possible », a ajouté M. Barroso, alors que deux États membres de l'Union n'ont pas encore ratifié le texte, la Pologne et la République tchèque.
Le président polonais Lech Kaczynski avait indiqué qu'il signerait le traité « aussitôt après » un « oui » irlandais. Mais en République tchèque, la signature reste suspendue à une décision de la Cour constitutionnelle et au bon vouloir du président eurosceptique Vaclav Klaus. Un retard important dans la ratification tchèque pourrait relancer l'ensemble du processus d'adoption : David Cameron, le chef de l'opposition conservatrice britannique, a réitéré samedi soir sa détermination à « continuer à lutter » contre le traité, y compris en organisant un référendum en Grande-Bretagne si les Tories accèdent au pouvoir au printemps prochain, comme le prédisent les sondages. Parallèlement, le Premier ministre britannique Gordon Brown a salué le choix des Irlandais. « Nous pouvons désormais travailler ensemble et nous concentrer sur les problèmes qui importent le plus aux Européens - un rétablissement économique durable, la sécurité, la lutte contre la pauvreté au niveau mondial et l'action face au réchauffement climatique », a ajouté M. Brown.
« Aujourd'hui est un bon jour pour l'Europe », a pour sa part déclaré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence de l'UE. Le président français Nicolas Sarkozy a quant à lui salué un vote « qui couronne les efforts accomplis notamment lors de la présidence française pour apporter une réponse aux préoccupations qu'avaient exprimées les Irlandais ». L'Allemagne et l'Italie se sont déclarées de leurs côtés très heureuses de l'issue du référendum.
Face à la paralysie dans laquelle le « non » avait plongé l'UE en 2008, Dublin avait accepté de faire revoter la population moyennant des assurances de l'UE qu'elle ne toucherait pas aux « spécificités celtiques » : l'interdiction de l'avortement, la neutralité militaire et un faible taux d'imposition. De plus, si le traité est adopté, l'Irlande continuera à disposer de « son » commissaire européen.


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