Dans un éditorial publié par le journal al-Chourouq, l'écrivain Alaa al-Aswani va jusqu'à exprimer sa « satisfaction ». « Les Égyptiens considèrent M. Hosni comme un ministre imposé depuis 22 ans par un régime que dirige M. Moubarak depuis 30 ans sans la moindre élection libre. Il est donc naturel que les Égyptiens assimilent Farouk Hosni à ce régime tyrannique et corrompu », écrit l'auteur de L'Immeuble Yacoubian, un ouvrage très critique de l'Égypte moderne. Pour Ezzat Qomhawy, responsable du supplément littéraire du journal al-Akhbar, les théories du complot avancées pour expliquer cet échec « reflètent une tendance dangereuse dans l'esprit des Égyptiens et des Arabes à voir de la fraude à chaque élection ». « Le ministre était un candidat qui a été jugé en fonction de son intégrité. Et en 22 ans, il a commis d'énormes erreurs », a-t-il déclaré à l'AFP.
Donné favori pour diriger l'Organisation de l'ONU pour l'éducation, les sciences et la culture, M. Hosni a dû s'incliner devant une diplomate bulgare, Irina Bokova, au terme d'une bataille acharnée. M. Hosni a dû faire face à de vives attaques, en particulier de la part de personnalités juives comme le Prix Nobel de la paix et survivant de l'Holocauste Élie Wiesel, pour avoir déclaré qu'il « brûlerait lui-même » les livres israéliens qu'il trouverait en Égypte. Le ministre a assuré regretter ces propos, selon lui sortis de leur contexte, mais le fait d'appartenir à un gouvernement pratiquant la censure a également pesé contre lui.
Le député Mohsen Radi, membre des Frères musulmans, s'est lui aussi fendu d'un éditorial pour attaquer le ministre. C'est à ce député que M. Hosni avait lancé, lors d'une querelle au Parlement, la phrase sur les livres israéliens qui a ruiné sa campagne pour l'Unesco. « Quand je regarde les raisons de cette défaite, j'ai le sentiment que l'échec et la régression vont continuer de coller à ce régime dont les membres ont pour politique de rester en place pour l'éternité », écrit le député islamiste dans le journal indépendant al-Doustour.
Le chef de l'État, Hosni Moubarak, ne s'est pas exprimé publiquement sur l'échec du candidat égyptien, mais a toutefois fait savoir qu'il lui conservait sa confiance.


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