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Moyen Orient et Monde - Immigration

La police française démantèle la « jungle » des clandestins à Calais

Près de 276 personnes, dont 135 mineurs, ont été arrêtées de manière musclée au cours de l'opération ; le PS dénonce un « acte totalement inhumain ».
La police française a démantelé hier matin la « jungle », un vaste camp à Calais (Nord) où se massaient il y a encore quelques semaines des centaines d'Afghans voulant se rendre en Grande-Bretagne, et devenu un des symboles de l'immigration clandestine en Europe. Lors de l'opération, qui a mobilisé 500 policiers et duré deux heures, 276 migrants ont été arrêtés, dont 135 se déclarant mineurs, a indiqué le ministre de l'Immigration Éric Besson, qui avait annoncé ce démantèlement la semaine dernière.
Les forces de l'ordre avaient pris position tôt le matin autour de ce camp, vaste friche sablonneuse sur laquelle s'entassaient des taudis faits de bâches, de tôle et de planches de bois, dans une zone industrielle de cette ville portuaire. Selon les associations humanitaires, des centaines de migrants avaient quitté la « jungle » pour échapper à l'arrestation. Ceux qui étaient restés, notamment les plus jeunes s'estimant protégés par le statut de mineur étranger isolé, ont attendu les policiers, rassemblés derrière des banderoles en anglais et en pachtoune : « Nous avons besoin d'un abri et de protection. Nous voulons l'asile et la paix. La jungle est notre maison ». Ils n'ont opposé aucune résistance aux forces de l'ordre, mais des militants altermondialistes de l'association No Border ont tenté d'empêcher les interpellations. Les policiers ont alors extrait les migrants un à un de manière musclée.
Les clandestins arrêtés « vont être entendus pour des auditions individuelles », a précisé le ministre lors d'une conférence de presse, les mineurs devant être placés dans des centres d'hébergement. Depuis le début de l'année, 170 demandes d'asile ont été enregistrées - avec délivrance d'un titre de séjour provisoire - et 180 clandestins ont accepté un « retour volontaire » comprenant une aide financière, selon lui. Pour les autres, un retour contraint est envisagé, a indiqué M. Besson.
Quelques heures après l'évacuation, la « jungle » n'était plus qu'un terrain vague livré aux bulldozers. La mosquée improvisée qui y avait été installée devait, selon le ministre, faire « l'objet d'une précaution particulière » avec un démontage « à la main ». « C'est la fin de la loi de la jungle et des passeurs », a commenté M. Besson, qui s'est rendu sur les lieux, annonçant d'autres démantèlements de campements dans les prochains jours.
Londres a salué l'action « prompte et ferme » du gouvernement français, « qui perturbera les routes de l'immigration illégale et du trafic de personnes ». Mais, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le démantèlement de la « jungle » « ne résout pas (...) les problèmes des personnes concernées ». Ce démantèlement est intervenu sept ans après la fermeture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte (Nord) en 2002, décidée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. C'est un « acte totalement inhumain », a déclaré la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, ajoutant : comme après la destruction de Sangatte, les clandestins « iront ailleurs, ils recréeront dans des situations encore plus précaires un petit chez eux pour essayer de survivre ». Les associations ont, elles, dénoncé des « interventions policières à courte vue » qui ne font que provoquer un éparpillement des clandestins sur les côtes du nord du pays.
Devenue emblématique de la détresse des migrants cherchant à passer en Angleterre, qu'ils perçoivent comme un « eldorado », la « jungle » était située à proximité des axes empruntés par les poids lourds en attente d'embarquer sur les ferries qui traversent la Manche. Entre 700 et 800 migrants, dans leur immense majorité de jeunes Afghans de l'ethnie pachtoune, y vivaient avant l'annonce du démantèlement.

La police française a démantelé hier matin la « jungle », un vaste camp à Calais (Nord) où se massaient il y a encore quelques semaines des centaines d'Afghans voulant se rendre en Grande-Bretagne, et devenu un des symboles de l'immigration clandestine en Europe. Lors de l'opération, qui a mobilisé 500 policiers et duré deux heures, 276 migrants ont été arrêtés, dont 135 se déclarant mineurs, a indiqué le ministre de l'Immigration Éric Besson, qui avait annoncé ce démantèlement la semaine dernière.Les forces de l'ordre avaient pris position tôt le matin autour de ce camp, vaste friche sablonneuse sur laquelle s'entassaient des taudis faits de bâches, de tôle et de...
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