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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Enjeux et risques d’une attaque israélienne contre l’Iran

Bien que non dépourvue de risques, l'hypothèse d'une action militaire israélienne pour s'opposer au programme nucléaire de Téhéran reste prise au sérieux par de nombreux experts, dans le cadre d'une vaste partie de poker stratégique.

Messages contradictoires
Israël ne croit pas à la version officielle de l'Iran qui présente son programme nucléaire comme uniquement destiné à un usage civil. Au vu des déclarations du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, prônant la destruction de l'État hébreu, la possession par l'Iran d'une bombe atomique est présentée par Israël comme une menace intolérable à son existence même. L'an passé pourtant, il est apparu que des responsables israéliens envisageaient une coexistence des deux États dans un état de dissuasion nucléaire mutuelle. Un sondage réalisé en juin montrait qu'une majorité d'Israéliens ne s'attendait pas à voir leur pays attaqué par un Iran nucléaire. La semaine dernière, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a déclaré que l'Iran ne représentait pas une menace pour l'existence d'Israël. D'un autre côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, revenu au pouvoir en mars, a fait de la suppression de la menace nucléaire iranienne un élément décisif de ce qu'il voit comme son rôle personnel dans l'histoire juive, selon son entourage.

Ce qui pourrait retenir Israël
On ignore comment Israël définit son objectif d'empêcher l'Iran d'acquérir un arsenal nucléaire. Le minimum pourrait être un engagement de Téhéran à renoncer à de telles armes, assorti d'une forme ou une autre de vérification. L'Iran pourrait se contenter de menacer d'acquérir un potentiel nucléaire, sans aller jusqu'à fabriquer des armes, estiment des experts, mais un tel scénario ne serait pas forcément recevable pour Israël. Dans le même temps, l'État hébreu doit prendre en compte plusieurs risques majeurs en cas de frappe unilatérale contre l'Iran :
- celui de représailles, de l'Iran mais aussi de ses groupes armés alliés au Proche-Orient - le Hezbollah et le Hamas ;
- celui de sanctions économiques ou diplomatiques des États-Unis ou de leurs alliés ;
- celui d'un échec militaire.

Que dit le calendrier ?
Le conseiller israélien à la sécurité nationale a estimé en juillet que l'Iran avait franchi une « ligne rouge » en termes de capacité à fabriquer son propre combustible nucléaire, mais qu'il n'avait pas encore la possibilité d'en produire en quantité suffisante ni de placer des ogives nucléaires viables sur ses missiles. Le chef du Mossad, Meir Dagan, qui joue un rôle capital dans la politique iranienne d'Israël et dont le mandat a été prolongé jusqu'en 2010, a déclaré en juin que l'Iran pourrait être doté d'une ogive nucléaire viable en 2014.

Avec ou sans les États-Unis ?
M. Obama, dont l'administration exerce une pression sans précédent pour inciter le gouvernement israélien à geler la colonisation en Cisjordanie, a souligné en juillet qu'il n'avait « absolument pas » donné le feu vert à une attaque israélienne. Il répondait à son vice-président, Joe Biden, déclarant qu'Israël était en droit d'agir s'il se sentait menacé dans son existence. Israël hésiterait sans doute à se fâcher avec Washington, son principal allié, encore moins à ne pas le prévenir d'une action militaire, ou à se passer d'une aide américaine. Mais les experts continuent à retenir l'hypothèse d'une frappe unilatérale, même s'il pourrait ne s'agir que de bluff ou d'un effort pour s'assurer de la coopération des Américains.

Quels moyens pour attaquer l'Iran ?
Israël pourrait agir clandestinement, par le biais de la guerre cybernétique ou d'une opération du Mossad. Sur le plan militaire, l'État hébreu peut s'appuyer sur 500 appareils de combat, dont des F-15 et des F-16 capables de bombarder l'ouest de l'Iran, ou plus profondément en territoire iranien s'ils sont ravitaillés en vol. Ces avions peuvent survoler le territoire de pays arabes hostiles grâce à une technologie « furtive » - échappant aux radars. Israël aurait aussi plusieurs dizaines de missiles Jéricho pouvant transporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Israël a déployé en juin dans la mer Rouge un de ses trois sous-marins de classe Dolphin dans le cadre de manœuvres navales, un déploiement en forme de démonstration de force adressée à l'Iran. L'État hébreu améliore enfin les capacités de son intercepteur de missiles Arrow et peut aussi compter sur les navires américains équipés du système antimissile Aegis déployés en Méditerranée. X-band, un radar stratégique américain installé en Israël, renforce encore l'alliance entre les deux pays.
Alastair MACDONALD (Reuters)
Bien que non dépourvue de risques, l'hypothèse d'une action militaire israélienne pour s'opposer au programme nucléaire de Téhéran reste prise au sérieux par de nombreux experts, dans le cadre d'une vaste partie de poker stratégique.Messages contradictoiresIsraël ne croit pas à la version officielle de l'Iran qui présente son programme nucléaire comme uniquement destiné à un usage civil. Au vu des déclarations du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, prônant la destruction de l'État hébreu, la possession par l'Iran d'une bombe atomique est présentée par Israël comme une menace intolérable à son existence même. L'an passé pourtant, il est apparu que des...
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