Cette rallonge budgétaire record de 13 930 milliards de yens (105 milliards d'euros) pour l'année d'avril 2009 à mars 2010 avait été adoptée fin mai par le Parlement, alors dominé par les conservateurs du Parti libéral-démocrate (PLD).
Le PLD a été battu aux législatives du 30 août par le Parti démocrate du Japon (PDJ) de Yukio Hatoyama qui est devenu Premier ministre mercredi.
Le PDJ a promis une révision en profondeur de toutes les dépenses anticrise engagées par le précédent exécutif afin d'y traquer les éléments superflus et de réorienter l'argent vers des programmes sociaux.
Hier, M. Hatoyama a demandé à chaque ministre de scruter à la loupe les dépenses publiques prévues par son ministère et de faire son rapport d'ici au 2 octobre, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Hirofumi Hirano.
Dans le collimateur du nouveau pouvoir figure notamment un projet de centre national des arts populaires - surnommé « le musée du manga » - voulu par le précédent Premier ministre Taro Aso, fan de bandes dessinées. Des crédits alloués à la réfection de bureaux ministériels devraient également être gelés.
« Dans le passé, sous le PLD, les bureaucrates élaboraient des politiques dans l'intérêt de leur ministère plutôt que dans l'intérêt du peuple », a affirmé le Premier ministre adjoint, Naoto Kan, promettant de « réviser de fond en comble les politiques pour servir les intérêts du peuple ».
Le gouvernement a toutefois précisé qu'il restait partisan de la dépense publique pour relancer l'économie japonaise, qui émerge à peine de sa pire récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et où le taux de chômage a atteint en juillet le niveau record de 5,7 %.
« Il ne s'agit pas d'arrêter les dépenses budgétaires, mais d'en réviser le contenu », a assuré M. Kan.
Le nouveau gouvernement, qui a juré de réduire l'influence des bureaucrates sur les décisions politiques au Japon, a par ailleurs annoncé l'abolition des conférences de presse que tenaient deux fois par semaine les vice-ministres, les fonctionnaires les plus hauts gradés de chaque ministère. Désormais, seuls les ministres en personne auront le droit de s'exprimer publiquement.
Selon plusieurs sondages publiés hier, M. Hatoyama bénéficie d'une popularité écrasante au début de son mandat.
D'après le quotidien Mainichi Shimbun, qui a interrogé 1 014 électeurs mercredi et jeudi, 77 % des sondés sont favorables au gouvernement, et seulement 13 % le désapprouvent. Il s'agit de la seconde plus forte cote de popularité d'un nouveau Premier ministre depuis celle de 85 % obtenue, en avril 2001, par le libéral Junichiro Koizumi à son arrivée au pouvoir, assure le journal.
Selon un autre sondage, effectué par le quotidien de droite Yomiuri Shimbun auprès de 1 087 électeurs, M. Hatoyama jouit de 75 % d'opinions favorables, la deuxième meilleure cote après celle du premier gouvernement Koizumi (87 %).


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