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Économie - Liban - Epca

Le taux de croissance s’élèvera à 7 % en 2009, selon le FMI

Le Fonds a de nouveau épinglé l'émission de certificats de dépôt à 5 ans qui a grevé le budget de la BDL et provoqué un dérapage de l'endettement de l'État auprès de la Banque centrale. 
Le ministère des Finances a distribué hier le rapport de la délégation du Fonds monétaire international (FMI) qui a visité le Liban entre le 10 et le 18 septembre dans le cadre d'une mission d'évaluation placée sous les auspices du Programme d'assistance d'urgence postconflit (EPCA). Dans ce document, le FMI a délivré un satisfecit aux autorités libanaises, se félicitant du fait que les objectifs du programme EPCA ont été atteints en matière de dette et de réserves en devises. Saluant la résilience de l'économie libanaise face à la crise internationale et prenant acte de l'évolution positive de l'ensemble des indicateurs financiers et économiques, le Fonds a relevé à 7 % ses prévisions de croissance de l'économie libanaise en 2009, contre 4 % précédemment.
Le rapport a toutefois de nouveau épinglé l'émission par la Banque du Liban (BDL) de certificats de dépôt à 5 ans moyennant des taux d'intérêt élevés, laquelle émission a été suspendue depuis deux mois. Il a également déploré l'absence de progrès en matière de privatisation et d'autres réformes structurelles.

Le satisfecit
En premier, le rapport a souligné que le Liban a commencé à engranger les bénéfices « des politiques macroéconomiques prudentes » adoptées par les autorités du pays. « Les deux objectifs-clés fixés par l'EPCA - à savoir la réduction du ratio de la dette du gouvernement au produit intérieur brut (PIB) et la consolidation des réserves en devises du pays - ont été atteints, a ajouté le texte. Ceci a permis de renforcer la confiance dans l'économie du pays et de dynamiser l'activité de cette dernière, en dépit de la difficulté de la conjoncture économique internationale et des retards pris dans la formation du nouveau gouvernement ».
La délégation du FMI a en outre noté que « les indicateurs conjoncturels reflètent la consolidation croissante de l'activité de l'économie libanaise ». « La crise financière internationale et la récession mondiale n'ont eu qu'un impact limité sur le pays, a-t-elle souligné. Certes, les exportations de biens, qui ne représentent qu'une petite fraction de l'économie du pays, ont subi les retombées du recul de la demande externe. Mais l'activité de la construction semble tenir bon alors que les services touristiques et financiers continuent de croître. Les informations limitées qui sont disponibles ne laissent pas présager une chute aiguë des transferts des expatriés. »
Sur base de ces constats, le FMI a estimé que l'économie libanaise devrait enregistrer un taux de croissance de l'ordre de 7 % en 2009, alors que l'inflation devrait rester modérée.

Discipline fiscale et secteur bancaire
La délégation du Fonds a également noté que « la croissance soutenue et la discipline fiscale conforme aux objectifs de l'EPCA ont permis de réduire le ratio de la dette publique au PIB qui s'est élevé à 153 % fin juin contre 160 % fin décembre ». « Ce ratio a reculé de 23 points depuis 2006 mais demeure l'un des plus élevés de la planète, a-t-elle poursuivi. En dépit de la croissance des dépenses, l'engouement des recettes fiscales du fait de la croissance, de l'impôt sur l'essence, et de l'amélioration de la perception et de la collecte ont permis de consolider l'excédent primaire », compensant ainsi la baisse des recettes des télécommunications et la hausse des transferts au Haut Conseil du secours et à l'Électricité du Liban (EDL).
Le rapport a aussi indiqué que la plupart des indicateurs financiers sont au vert, reflétant une consolidation du secteur bancaire et une amélioration de la balance des paiements. Il a souligné que les dépôts bancaires continuent de croître à un taux annuel de 20 % alors qu'en parallèle, le taux de dollarisation des dépôts a reculé grâce à l'amélioration de la confiance et aux taux d'intérêt élevés. Les réserves en devises de la Banque du Liban (BDL) ont doublé au cours des 18 derniers mois pour s'élever à 24,8 milliards de dollars. « Grâce à la prudence de la régulation bancaire, les banques locales n'ont pas été affectées par la crise financière internationale, et demeurent profitables et bien capitalisées, a ajouté le texte. Les marges d'intérêt (« spreads ») des eurobonds et des Credit Default Swap (CDS) se sont resserrés et oscillent actuellement aux alentours de la moyenne des pays émergents ».

Les bémols
Le rapport de la délégation du FMI ne s'est toutefois pas résumé aux éloges. Le document a en effet noté que l'endettement de l'État auprès de la BDL a dépassé de 44 % ou 2 600 milliards de livres le plafond fixé par l'EPCA, du fait de la baisse des dépôts du secteur public auprès de la Banque centrale et des achats de bons du Trésor par cette dernière. Ce dérapage « est dû au fait que les banques commerciales préfèrent les certificats de dépôt à 5 ans proposés par la BDL moyennant des taux d'intérêt élevés aux bons du Trésor à 3 ans dont le rendement est moindre », a analysé le FMI.
« L'émission de certificats de dépôt a grevé le budget de la BDL », a déploré le rapport.
Le Fonds a également déploré le fait que « des progrès limités » ont été enregistrés en matière de réformes structurelles, notamment en ce qui concerne la révision des tarifs de l'énergie et l'élaboration de la loi sur l'impôt global sur le revenu ainsi que la privatisation des opérateurs de téléphonie mobile.

Les recommandations
À la lumière de cette évaluation, le Fonds monétaire international a estimé que la performance solide de l'économie libanaise en 2009 offre « une opportunité de réduire davantage le ratio de la dette du PIB ». « Un excédent primaire de 0,9 % du PIB est à portée de main cette année, ce qui réduirait le déficit budgétaire à 10,6 % du PIB et ramènerait le ratio de la dette au PIB à 151 % à la fin de l'année », a-t-il ajouté.
Le FMI a affirmé que la discipline fiscale devrait permettre au gouvernement de financer son déficit auprès du marché. Il a toutefois appelé le prochain cabinet à poursuivre l'application du programme de réformes économiques présenté à Paris III afin d'assainir les finances publiques.
Et le rapport de préconiser enfin une baisse progressive des taux d'intérêt de telle sorte à préserver la croissance des dépôts.
Le ministère des Finances a distribué hier le rapport de la délégation du Fonds monétaire international (FMI) qui a visité le Liban entre le 10 et le 18 septembre dans le cadre d'une mission d'évaluation placée sous les auspices du Programme d'assistance d'urgence postconflit (EPCA). Dans ce document, le FMI a délivré un satisfecit aux autorités libanaises, se félicitant du fait que les objectifs du programme EPCA ont été atteints en matière de dette et de réserves en devises. Saluant la résilience de l'économie libanaise face à la crise internationale et prenant acte de l'évolution positive de l'ensemble des indicateurs financiers et économiques, le Fonds a relevé à 7 % ses...
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