Rechercher
Rechercher

Santé - Hématologie

Le lymphome, un cancer guérissable

Sensibiliser le grand public aux lymphomes est l'objectif de la Journée mondiale du lymphome, célébrée le 15 septembre et placée cette année sous le thème « Connaître ses nodules ». Cette maladie, encore méconnue, augmente considérablement dans le monde, avec un taux de guérison supérieur à 60 %.
Son histoire avec la maladie débute il y a tout juste un an. Alain remarque un ganglion dans le cou, mais n'y prêta pas attention. Au bout de plusieurs jours, la boule ne disparaissant pas, devenu fébrile et sentant une immense fatigue, il se décide à consulter un spécialiste. Pensant d'abord qu'il s'agissait d'un petit malaise ou d'une simple angine, il a été surpris lorsque son médecin lui annonça un lymphome non hodgkinien. Une maladie dont il n'avait jamais entendu parler.
« Le lymphome est un cancer des lymphocytes, c'est-à-dire des globules blancs qui défendent l'organisme contre les infections », explique le Dr Ali Bazarbachi, professeur d'hématologie-oncologie, doyen associé chargé de la recherche fondamentale, directeur du programme de greffe de moelle osseuse à l'Université américaine de Beyrouth.
« Les lymphocytes sont fabriqués dans la moelle osseuse, la rate et le foie, et sont le plus souvent localisés dans la région cervicale au niveau du cou, dans les creux axillaires, les plis inguinaux, l'abdomen et certains viscères comme le tube digestif », poursuit-il.
Il existe deux types de lymphocytes, « les B qui produisent les anticorps et les T qui attaquent les cellules infectées par un virus ». « De temps en temps, ces lymphocytes se dérèglent et deviennent cancéreux, c'est-à-dire qu'ils commencent à se diviser de façon anarchique, sans répondre aux besoins naturels de l'organisme », souligne le Dr Bazarbachi, précisant que l'un des principaux symptômes d'un lymphome « est une tumeur au niveau d'un ganglion lymphatique, de la rate, du foie ou encore d'un organe qui contient des lymphocytes ».
« La tumeur est parfois accompagnée de signes généraux, comme une fièvre de plus de 38° qui traîne pendant plusieurs jours, de fortes sueurs nocturnes ou encore une importante perte de poids - de plus de 10 % du poids général du corps - non expliquée », ajoute le spécialiste.

Risque augmentant
avec l'âge

Comme dans la majorité des cancers, la cause des lymphomes est inconnue. « On sait que les mutations au niveau de l'ADN - qui est l'ordinateur qui contrôle la cellule - peuvent entraîner un lymphome, ainsi que les translocations chromosomiques, c'est-à-dire des chromosomes qui se cassent et qui se lient de façon anarchique, constate le Dr Bazarbachi. On sait aussi que les rayons et les radiations ionisantes constituent un facteur de risque de l'émergence de lymphomes, tout comme certaines infections virales (le virus du sida ou le rétrovirus HTLV1), ou encore l'immunodéficience héréditaire ou acquise. Dans des cas rares, on observe des lymphomes héréditaires. On pense que ces personnes naissent avec des gènes mutés qui favorisent le développement de lymphomes. »
Les lymphomes peuvent atteindre les gens à n'importe quel âge. « Les gens croient à tort que les leucémies et les lymphomes atteignent les enfants et les jeunes, note le Dr Bazarbachi. Ceci est en partie vrai. En effet, les lymphomes et les leucémies constituent la majorité des cancers diagnostiqués chez les enfants, les adolescents ou les jeunes adultes. Il n'en reste pas moins que chez les jeunes, le risque de lymphome est inférieur à celui des personnes âgées, qui développent par ailleurs d'autres formes de cancer qu'on ne retrouve pas chez l'enfant, comme le cancer du colon ou du poumon. C'est la raison pour laquelle nous rencontrons ces deux formes de cancer chez les jeunes. »

Une incidence croissante
Depuis près de trois décennies, le lymphome augmente significativement dans le monde, avec une incidence annuelle, c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas détectés par an, de l'ordre de 1 à 2 pour 100 000 habitants. « Le vieillissement de la population serait en partie à l'origine de cette augmentation du nombre de cas, puisque les lymphomes sont le plus souvent diagnostiqués chez les personnes âgées, remarque le Dr Bazarbachi. Mais il ne s'agit pas du seul facteur. Certaines origines sont encore inconnues, mais selon des études menées dans ce domaine, l'utilisation des pesticides et de produits agricoles jouerait un rôle important dans la survenue du cancer. »
Les spécialistes distinguent deux formes de lymphomes : le lymphome de Hodgkin et le lymphome non hodgkinien. « Historiquement, le lymphome de Hodgkin est l'un des premiers cancers guéris, avec un taux de guérison qui dépasse les 90 à 95 % des cas, signale le Dr Bazarbachi. Il y a encore quelques années, ce type de cancer était traité avec de grands champs de rayons à de fortes doses. Actuellement, on a recours de plus en plus à la chimiothérapie. Les rayons continuent à être utilisés sur des champs plus limités et à des doses plus faibles. »
« Les lymphomes non hodgkiniens sont catégorisés en lymphomes à cellules B ou T, indolents ou agressifs, ajoute le spécialiste. Près de 85 % des lymphomes B. Ceux-ci sont mieux traités, avec un taux de guérison qui dépasse les 50 à 60 %, contre 20 à 30 % dans les lymphomes T. »
« Les lymphomes indolents augmentent de volume doucement et nécessitent des mois, parfois même des années, pour se manifester et sont très peu symptomatiques. Dans la majorité des cas, ces lymphomes n'ont pas besoin de traitement. Toutefois, ils guérissent rarement parce qu'ils sont diagnostiqués à un stade assez avancé. Par contre, les lymphomes agressifs poussent vite et les symptômes surgissent rapidement. Mais ces lymphomes guérissent dans plus de 60 % des cas grâce à l'addition d'un traitement ciblé qui, contrairement à la chimiothérapie, détruit les cellules cancéreuses sans attaquer les cellules saines de l'organisme », conclut le Dr Bazarbachi.
Son histoire avec la maladie débute il y a tout juste un an. Alain remarque un ganglion dans le cou, mais n'y prêta pas attention. Au bout de plusieurs jours, la boule ne disparaissant pas, devenu fébrile et sentant une immense fatigue, il se décide à consulter un spécialiste. Pensant d'abord qu'il s'agissait d'un petit malaise ou d'une simple angine, il a été surpris lorsque son médecin lui annonça un lymphome non hodgkinien. Une maladie dont il n'avait jamais entendu parler.« Le lymphome est un cancer des lymphocytes, c'est-à-dire des globules blancs qui défendent l'organisme contre les infections », explique le Dr Ali Bazarbachi, professeur d'hématologie-oncologie, doyen associé chargé de la recherche...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut