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Économie

Banques : après la tourmente, le boomerang de la crise économique

La peur de faillites en chaîne s'est dissipée, mais le système reste fragile.
Un an après la chute de Lehman Brothers, la peur de faillites en chaîne s'est dissipée, mais le système reste fragile, d'autant que les banques doivent maintenant affronter les conséquences de la crise financière sur l'économie réelle.
Les interventions « sans précédent » des banques centrales et des gouvernements « ont réduit le risque extrême d'une autre défaillance systémique comparable » à celle qui a suivi l'effondrement de la banque américaine, affirmait le Fonds monétaire international (FMI) le 8 juillet.
L'injection massive de liquidités par les banques centrales et le soutien apporté par les États aux banques sous forme de capitaux et de garanties ont permis de tenir debout un système qui menaçait de s'écrouler en raison de la défiance des banques les unes envers les autres.
Les acteurs les plus vulnérables ont disparu ou se sont fondus dans des groupes plus solides.
Mais le malade n'est pas encore guéri, malgré les profits spectaculaires enregistrés par certains établissements au premier semestre. L'agence de notation financière Fitch Ratings a annoncé fin juillet avoir dégradé la note de la dette de 94 banques et envisageait de le faire pour 76 autres.
Les excès spéculatifs des dernières années, qui ont conduit à l'accumulation au bilan des banques d'actifs « toxiques », impossibles à vendre parce que trop complexes, ou sans aucune valeur parce que adossés à des créances douteuses (les fameux « subprimes » américains), ne sont en effet pas digérés.
Des assouplissements comptables aux États-Unis et en Europe ont permis de reporter à plus tard l'inscription dans les bilans d'une partie des dépréciations liées à ces actifs, mais ne les ont pas fait disparaître.
À ces résidus de la crise financière s'ajoutent désormais les conséquences de la crise économique, qui augmente considérablement le « coût du risque » des banques, lié au risque de défaut des clients. La plupart des banques ont passé des provisions monstres au deuxième trimestre afin d'être en mesure d'encaisser le choc. Elles ont aussi durci leurs conditions de prêt, comme l'ont montré les enquêtes de la Banque centrale européenne.
Le retour à la normale n'est donc toujours pas d'actualité, et les Banques centrales poursuivent leur politique de mesures « non conventionnelles », notamment dans l'espoir de relancer la machine du crédit.
Encore faudrait-il que les banques fassent bon usage des facilités qui leur sont accordées. Sur ce plan, le sentiment d'un retour au « business as usual », tant sur la question très polémique des bonus qu'au niveau de la prise de risques des acteurs, alimente les inquiétudes.
Beaucoup ont revu à la baisse leurs activités de marché. Nicolas Véron, économiste au centre d'études Bruegel, évoque un « comportement plus conservateur », un « changement profond dans la perception du risque », qui, au moins à moyen terme, devrait prémunir le système bancaire d'un nouveau cataclysme.
Mais d'autres se montrent plus circonspects. Gunther Capelle-Blancard, du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii), remarque que les systèmes de rémunération incitent toujours à la prise de risque.
Il estime en outre que la chute de Lehman a « renforcé l'aléa moral » car les acteurs financiers, convaincus que les autorités ne permettront pas un nouvel épisode de ce type, peuvent se montrer moins prudents.
Un économiste dans une grande banque, qui a souhaité conserver l'anonymat, se demande s'il n'y a pas « aujourd'hui un niveau de prise de risque inconsidéré, compte tenu du fait que les régulations ne sont pas encore mises en place et que la politique monétaire est très laxiste ».
Tous s'accordent en tout cas sur la nécessité de faire avancer au plus vite le dossier de la régulation financière.
Un an après la chute de Lehman Brothers, la peur de faillites en chaîne s'est dissipée, mais le système reste fragile, d'autant que les banques doivent maintenant affronter les conséquences de la crise financière sur l'économie réelle.Les interventions « sans précédent » des banques centrales et des gouvernements « ont réduit le risque extrême d'une autre défaillance systémique comparable » à celle qui a suivi l'effondrement de la banque américaine, affirmait le Fonds monétaire international (FMI) le 8 juillet.L'injection massive de liquidités par les banques centrales et le soutien apporté par les États aux banques sous forme de capitaux et de garanties ont...
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