Pour François Heisbourg, consultant à la Fondation de la recherche stratégique (FRS) à Paris, il y a une « corrélation relativement directe » entre la manière de conduire les opérations « et le bilan parmi les civils ». Cela n'a pas forcément été bien compris par tous les militaires de la FIAS, y compris ceux dont les pays dénonçaient avec le plus de vigueur les bavures à répétition contre les civils lors des bombardements aériens. Il en est ainsi du raid du 4 septembre près de Kunduz (Nord) où des dizaines de civils pourraient avoir péri. Trente civils et 69 talibans ont été tués lors de ce raid, a annoncé hier à l'AFP l'un des quatre enquêteurs désignés par le gouvernement afghan.
« Il n'est pas possible de faire remonter à Kaboul toutes les demandes de soutien aérien. Le quartier général de la FIAS serait noyé et les décisions doivent être prises en quelques minutes », explique le responsable militaire. « C'est un jeu difficile à jouer face aux opinions publiques », admet-il, puisque aussi bien la mort de civils tués par erreur que celle de soldats envoyés au combat sans protection adéquate rendent impopulaire la présence internationale en Afghanistan.
Devant la menace d'une lassitude générale face au sanglant imbroglio afghan, le nouveau secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen a plaidé pour une « afghanisation » du conflit plus rapide et plus massive que prévu. L'objectif actuel est de porter fin 2010 à 134 000 soldats les effectifs de l'armée afghane et à 82 000 ceux de la police. M. Rasmussen estime, lui, que le bon chiffre serait « d'environ 400 000 » pour les deux forces, soit un quasi-doublement. Un chiffre qu'un influent sénateur démocrate américain, Carl Levin, a repris vendredi.


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