Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Éclairage

Protéger les soldats ou les civils ? L’OTAN prise en tenaille en Afghanistan

L'OTAN est prise en tenaille en Afghanistan entre sa volonté d'éviter les bavures contre les civils et le souci de limiter ses propres pertes face à des talibans de plus en plus omniprésents, alors que le temps commence à lui être compté. « Dans l'esprit du nouveau commandant de la FIAS (la force internationale sous commandement OTAN), le général Stanley McChrystal, le cœur de cible n'est pas de tuer les insurgés, mais de gagner la confiance de la population, tout en assurant un minimum de sécurité des troupes », souligne un responsable militaire de l'OTAN. D'où sa directive de juin qui stipule que, lors des opérations, le recours à l'appui aérien n'est plus autorisé qu'en cas d' « extrême nécessité » et avec un objectif militaire clair. La priorité étant de protéger les civils. Mais, poursuit cet officier, sous couvert d'anonymat, « dès lors que l'on rentre dans cette logique, le rapport change entre deux paramètres: la sécurité des troupes d'un côté, et leur immersion dans la population de l'autre ». « On prend davantage de risques, ce qui exige à chaque fois des arbitrages, et l'équilibre est difficile à trouver sur le terrain » entre la nécessité d'épargner les civils et celle de protéger les soldats, reconnaît-il.
Pour François Heisbourg, consultant à la Fondation de la recherche stratégique (FRS) à Paris, il y a une « corrélation relativement directe » entre la manière de conduire les opérations « et le bilan parmi les civils ». Cela n'a pas forcément été bien compris par tous les militaires de la FIAS, y compris ceux dont les pays dénonçaient avec le plus de vigueur les bavures à répétition contre les civils lors des bombardements aériens. Il en est ainsi du raid du 4 septembre près de Kunduz (Nord) où des dizaines de civils pourraient avoir péri. Trente civils et 69 talibans ont été tués lors de ce raid, a annoncé hier à l'AFP l'un des quatre enquêteurs désignés par le gouvernement afghan.
« Il n'est pas possible de faire remonter à Kaboul toutes les demandes de soutien aérien. Le quartier général de la FIAS serait noyé et les décisions doivent être prises en quelques minutes », explique le responsable militaire. « C'est un jeu difficile à jouer face aux opinions publiques », admet-il, puisque aussi bien la mort de civils tués par erreur que celle de soldats envoyés au combat sans protection adéquate rendent impopulaire la présence internationale en Afghanistan.
Devant la menace d'une lassitude générale face au sanglant imbroglio afghan, le nouveau secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen a plaidé pour une « afghanisation » du conflit plus rapide et plus massive que prévu. L'objectif actuel est de porter fin 2010 à 134 000 soldats les effectifs de l'armée afghane et à 82 000 ceux de la police. M. Rasmussen estime, lui, que le bon chiffre serait « d'environ 400 000 » pour les deux forces, soit un quasi-doublement. Un chiffre qu'un influent sénateur démocrate américain, Carl Levin, a repris vendredi.
L'OTAN est prise en tenaille en Afghanistan entre sa volonté d'éviter les bavures contre les civils et le souci de limiter ses propres pertes face à des talibans de plus en plus omniprésents, alors que le temps commence à lui être compté. « Dans l'esprit du nouveau commandant de la FIAS (la force internationale sous commandement OTAN), le général Stanley McChrystal, le cœur de cible n'est pas de tuer les insurgés, mais de gagner la confiance de la population, tout en assurant un minimum de sécurité des troupes », souligne un responsable militaire de l'OTAN. D'où sa directive de juin qui stipule que, lors des opérations, le recours à l'appui aérien n'est plus autorisé qu'en cas...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut