Économie « primitive », « démocratie faible », Caucase « instable » ou encore le peuple qui boit trop et manque d'initiative : dans une tribune intitulée « Russie, en avant ! » publiée par le quotidien en ligne libéral Gazeta.ru, il a dépeint un tableau peu flatteur du pays qu'il dirige depuis mai 2008 après huit ans de règne de Vladimir Poutine au Kremlin. La crise économique mondiale a montré que « les choses ne vont franchement pas très bien » en Russie, qui n'a pas réussi « ces vingt dernières années à se débarrasser d'une dépendance humiliante à l'égard des matières premières » et dont l'économie « ignore comme à l'époque soviétique les besoins de l'homme ». « Cela prouve que nous n'avons pas fait tout le nécessaire dans les années précédentes. Ou qu'il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas faites comme il fallait », poursuit-il. « Les institutions démocratiques sont en gros formées et stabilisées, mais leur qualité est loin de l'idéal. La société civile est faible », estime-t-il encore.
Le président critique aussi les « tendances paternalistes largement répandues » qui génèrent « un manque d'initiative et un déficit de nouvelles idées » et appelle à se débarrasser de mauvaises traditions comme « les pots-de-vin, le vol, la paresse mentale et spirituelle ou l'alcoolisme ». Il déplore que ses concitoyens soient « obligés de combattre la corruption et l'état arriéré » de leur pays pour le rendre « moderne et confortable ». « La démocratie russe ne va pas copier mécaniquement les modèles occidentaux », prévient-il toutefois. « Des idées naïves sur un Occident heureux et impeccable et une Russie arriérée sont inacceptables. (...) Mais la confrontation et l'isolement sont tout aussi dangereux », martèle-t-il. Les thèses de cet article seront développées dans le discours annuel du président à la nation, fin octobre-début novembre, a souligné sa porte-parole, Natalia Timakova. M. Medvedev « a jugé important de s'exprimer pendant la préparation du discours notamment pour avoir des réactions », a-t-elle dit, citée par l'agence Interfax. Selon des experts interrogés par l'AFP, cet article de M. Medvedev traduit les divergences au sein du tandem avec M. Poutine et vise à soigner l'image de libéral du président.


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