Au Cameroun, une mère et sa fille qui faisaient la lessive dans une rivière sont mortes noyées, selon les pompiers. Elles ont été entraînées par les eaux en furie, après les fortes pluies tombées dimanche à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest. Et au Mali, un véhicule qui tentait de traverser un pont submergé par les eaux sur l'axe routier Bamako-Kita (Ouest) a été emporté, causant la mort de six de ses passagers.
Au nombre des pays le plus gravement touchés figurent le Sénégal, le Burkina Faso, le Ghana, le Niger et la Sierra Leone. Le gouvernement burkinabè a dû immédiatement lancer un appel à la solidarité internationale, face à l'ampleur de la catastrophe qui a tué huit personnes et laissé 150 000 sans abri. Rien qu'à Ouagadougou, plus de 24 000 habitations se sont écroulées après les fortes pluies tombées dans la seule journée du 1er septembre. L'hôpital Yalgado Ouédraogo, centre hospitalier de référence du Burkina Faso, a dû être vidé de ses patients et de son personnel. Les écoles hébergent des familles sinistrées. Et les eaux qui ont envahi la cinémathèque africaine ont abîmé une collection de films parfois en copie unique.
Au Sénégal, ce sont plus de 264 000 personnes qui ont été affectées selon l'ONU, notamment dans la banlieue de Dakar. Le gouvernement a déclenché le plan Orsec (organisation des secours) et débloqué 2 milliards de francs CFA (3 millions d'euros) pour tenter de répondre à ces inondations, récurrentes à chaque saison des pluies. Le Niger compte près de 67 000 personnes touchées, le Ghana 55 000, le Bénin 20 000, la Guinée (Conakry) 15 000, la Gambie 8 700, la Mauritanie 8 000 à 10 000, la Côte d'Ivoire 2 000, la Sierra Leone 1 500, selon des estimations collectées par l'ONU.
« C'est une situation très préoccupante qui fragilise encore plus des populations déjà démunies. Les catastrophes naturelles ont un effet durable qui va s'installer sur plusieurs décennies et réduire à néant des années d'efforts en matière de lutte contre la pauvreté », a averti le dirigeant du bureau régional d'Ocha à Dakar, Hervé Ludovic de Lys. Ces inondations, suite à des pluies plus abondantes, « sont une manifestation concrète des changements climatiques et cela peut aussi concerner des sécheresses, des éboulements, une montée des températures », juge le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Dakar, Bouri Sanhouidi, interrogé par l'AFP. « La plupart de nos pays et de nos villes ne sont pas préparés à faire face à ce genre de catastrophes », ajoute M. Sanhouidi, pointant les problèmes d'urbanisme liés à « la planification et à l'occupation de l'espace » comme facteurs aggravants. « Beaucoup de villes (africaines) ont été dépassées par l'arrivée massive de populations en quête de bien-être qui se sont installées de manière anarchique dans des zones inondables » sans système d'assainissement ni canaux d'irrigation, relève ce responsable du PNUD.


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