« La situation humanitaire est très difficile » à Saada, a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). « Nous n'avons pu acheminer de l'aide dans Saada car les couloirs humanitaires n'ont pas été sécurisés, et tout ce que nous savons, c'est que la situation humanitaire est très difficile », a ajouté Laure Chedrawi, jointe par téléphone par l'AFP dans le nord du Yémen. Le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour le Moyen-Orient, Hicham Hassan, a indiqué également à l'AFP depuis le Yémen, où il se trouve, qu'un convoi médical de son organisation était en route pour la ville de Saada mais qu'il n'y était « pas encore entré ». « Nous sommes en contact avec toutes les parties (en conflit) mais cela ne signifie pas que c'est facile », a-t-il dit alors que les autorités et les rebelles s'accusent d'entraver l'acheminement de l'aide humanitaire et d'avoir rompu une trêve décrétée vendredi.
Selon la porte-parole du HCR, « les habitants de Saada se terrent chez eux et il y a une hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires » en raison des combats. Les lignes téléphoniques y sont coupées depuis lundi. Mme Chedrawi a indiqué que le HCR et d'autres organisations tentaient d'ouvrir un couloir humanitaire pour acheminer de l'aide à Saada à partir du territoire saoudien, distant de la ville de quelque 70 km alors que la capitale yéménite Sanaa se trouve à 240 km. Il n'y a pas de recensement récent de la population de Saada, capitale de la province du même nom, mais les dernières estimations datant de 2004 évaluent à 60 000 le nombre de ses habitants.
M. Hassan parle d'un « véritable problème humanitaire » dans le nord du pays où, selon lui, « un grand nombre de déplacés fuient leurs demeures à pied », et où les pluies saisonnières et la baisse des températures attendues peuvent ajouter à leur misère. Pendant les deux dernières semaines, le CICR a recensé quelque 25 000 déplacés. « Mais cela ne reflète pas le nombre réel », a-t-il averti. Pour sa part, Mme Chedrawi a estimé que les récents combats avaient déplacé dans les provinces de Saada et de Omrane, plus au sud, quelque 35 000 personnes, qui viennent s'ajouter aux quelque 100 000 déplacés des différents épisodes du conflit, qui a éclaté en 2004. La porte-parole se trouvait hier dans cette province de Ormane où le HCR prépare l'ouverture d'un nouveau camp, dans la région de Harf Sufyan, d'une capacité d'accueil de 800 familles.
La directrice de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, Sigrid Kaag, s'est de son côté alarmée des retombées du conflit sur les enfants qui forment le gros des déplacés et qui risquent de ne pas être scolarisés cette année. Quant au porte-parole du HCR à Genève, Andrej Mahecic, il a précisé qu'il n'y avait plus d'eau courante à Saada depuis le 12 août, que les stocks de vivres s'épuisaient et que la population continuait de fuir. Un navire, chargé notamment de tentes, affrété par le HCR était attendu hier au port d'Aden (sud du Yémen) et des équipements ont été positionnés du côté saoudien de la frontière en attendant un feu vert pour leur envoi à Saada.


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