M. Hosni, ministre de la Culture depuis plus de 20 ans dans son pays, affirme bénéficier d'ores et déjà des voix de 32 des 58 pays membres de l'Unesco qui siègent par rotation au conseil exécutif. Soit plus que la majorité simple pour permettre sa désignation parmi les neuf candidats à la direction de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.
Le candidat égyptien, soutenu de longue date par la Ligue arabe, l'Union africaine et l'Organisation de la conférence islamique, bénéficie de la logique d'alternance qui ferait de lui le premier responsable arabe à la tête de l'Unesco. Mais une très vive controverse a semé le trouble dans les capitales européennes après qu'il eut déclaré en 2008 devant le Parlement égyptien qu'il « brûlerait lui-même » les livres en hébreu qu'il trouverait dans les bibliothèques du pays. Dans une tribune publiée en mai dans le journal Le Monde, des intellectuels dont le Prix Nobel de la paix Elie Wiesel ont dénoncé « la honte d'un naufrage annoncé » de l'Unesco, accusant M. Hosni d'avoir multiplié dans le passé les déclarations « nauséabondes » contre les juifs. Sa candidature a également été qualifiée de « scandaleuse » par la prestigieuse revue américaine Foreign Policy. Farouk Hosni a affirmé « regretter » ses propos de 2008, se défendant de tout antisémitisme et disant fonder son action sur « la réconciliation entre les peuples ». Les services égyptiens ont cependant décliné dimanche l'invitation, transmise par écrit par l'AFP, à répondre à des questions précises sur les accusations lancées contre M. Hosni. Interrogé en août, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, avait observé que Farouk Hosni n'avait « pas attendu » 2008 pour faire des déclarations controversées.
Mais l'entourage du président français Nicolas Sarkozy laissait entendre hier que Paris soutiendrait bien M. Hosni. « L'Égypte est un grand facteur de paix dans cette région du monde et on est bien content de l'avoir », a-t-on fait valoir, soulignant que pour les mêmes raisons, « Israël ne s'oppose pas à ce candidat et les États-Unis non plus ». La désignation annoncée de M. Hosni est considérée comme quasiment acquise au sein de l'Unesco. Sa principale concurrente, l'Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, a reconnu la semaine dernière à Stockholm qu'elle ne pourrait pas même disposer d'une position commune des Européens sur sa candidature. Les neuf candidats, parmi lesquels un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Iakovenko, et l'ex-ambassadrice de l'Équateur à Washington, Ivonne Baki, seront départagés à partir du 17 septembre par un vote à cinq tours au maximum. Le candidat désigné sera ensuite confirmé en octobre par la Conférence générale, l'assemblée plénière des 193 membres de l'organisation.


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