Si plusieurs ventes d'appartements neufs ont été notées ici et là dans la capitale, l'été 2009 n'a pas été à la hauteur des étés 2005 et 2008. En définitive, le marché a retrouvé une réelle normalité par rapport aux périodes d'euphories passées, symbolisées par une demande record et des hausses de prix vertigineuses. Toutefois, dans un contexte de crise financière internationale, l'immobilier à Beyrouth s'en tire plutôt bien. La demande est toujours là, bien que les transactions soient en berne.
Au cours de l'été, les expatriés ont remis à jour leurs informations en vue d'acquérir un pied-à-terre. Mais beaucoup sont retournés vers leur pays de résidence sans avoir finalisé. La crise mondiale leur a donné de fausse espérance sur le marché beyrouthin. Espérant trouver des promoteurs à l'agonie et prêts à céder à la première contre-offre, ils se sont aperçus que la réalité était tout autre. Même si certains immeubles n'ont enregistré aucune vente depuis des mois, les propriétaires restent inflexibles. Si quelques-uns ont réajusté leur prix, la majorité affiche les mêmes tarifs qu'en 2008. En définitive, les clients expatriés ou non ne se sentent pas pressés d'acheter et préfèrent prendre leur temps : primo, les prix sont stables depuis 12 mois ; deuxio, il n'y a aucune pénurie d'appartements neufs à l'horizon tellement le nombre de nouveaux projets résidentiels est important. Finalement, cette situation n'a pas encouragé les transactions.
Toutefois, certains projets se vendent mieux que d'autres selon l'emplacement, les superficies des appartements et les modalités de paiement. Ainsi, les ventes sur plan à des conditions très avantageuses sont plus séduisantes que l'acquisition d'appartements dont la construction est dans la phase terminale.
De son côté, le secteur foncier connaît une dynamique surprenante. Une demande soutenue continue de tirer les prix vers le haut. Une réalité qui va à contresens de la stabilité des prix des logements neufs. Dans le même temps, les propriétaires font fi de l'état du marché et continuent à jouer au chat et à la souris avec les offres, c'est-à-dire à refuser systématiquement les offres présentées pour demander toujours un peu plus. Ainsi, de nombreuses parcelles sont toujours à la vente depuis des années.
En définitive, la demande est encouragée par un afflux de liquidités et la politique de nombreux investisseurs à placer leurs économies dans la terre. Avec cette logique, les incidences foncières (prix du m2 constructible) varient de 400-500 dollars le m2 dans les quartiers populaires à 3 000 dollars le m2 et plus au centre-ville de Beyrouth. Globalement, les plus belles pièces de Ras Beyrouth et d'Achrafieh affichent des incidences entre 1 200 à 2 000 dollars le m2.
La hausse des prix tend à décourager les promoteurs les plus expérimentés de la ville. Les mieux placés pour comprendre le marché, ils ne veulent pas céder à l'euphorie actuelle. Leur stratégie est de prendre leur temps afin de trouver des emplacements justement évalués.
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