M. Hosni doit se rendre à partir de demain à Paris pour soutenir sa candidature devant les 58 membres du conseil exécutif de l'Organisation des Nations unies pour la culture, qui se réunissent du 7 au 23 septembre pour choisir le futur directeur général parmi une dizaine de candidats.
Des prises de position anti-israéliennes de M. Hosni ont provoqué un malaise dans de nombreuses chancelleries, surtout après qu'il eut affirmé en 2008 qu'il « brûlerait lui-même » les livres israéliens qu'il trouverait dans les bibliothèques égyptiennes. Des personnalités juives, comme le prix Nobel de la paix Élie Wiesel ou l'écrivain Bernard-Henri Levy, se sont indignées de sa possible accession à la tête de l'Unesco, en soulignant qu'il n'en était pas à sa première déclaration « nauséabonde ». Un récent article dans la prestigieuse revue américaine Foreign Policy jugeait cette candidature « scandaleuse », et accusait M. Hosni de faire écho à une « judéophobie rampante » dans les milieux intellectuels de son pays.
M. Hosni, qui a déjà affirmé dans le journal Le Monde « regretter » ses propos sur les livres israéliens, s'efforce toujours de calmer le jeu. « Si j'étais antisémite, pourquoi aurais-je engagé la restauration des synagogues du pays depuis 1998 ? » plaide-t-il. Et de promettre que s'il dirige l'Unesco, aller en Israël ne lui posera « aucun problème ».
Mais les propos apaisants de M. Hosni, à la tête du ministère de la Culture depuis 22 ans, lui valent en retour du fil à retordre en Égypte, où certains l'accusent de ménager Israël - qui a fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à sa candidature - afin de conserver ses chances pour l'Unesco. « Je suis très fâché contre lui. Le fait qu'il s'excuse de cette manière me blesse », affirme le poète égyptien Abderrahmane al-Abnoudi dans la revue proouvernementale al-Moussawwer. Déjà l'an dernier, 26 intellectuels égyptiens avaient dénoncé « une soumission humiliante aux exactions israéliennes pour un profit personnel », après qu'il eut accordé un entretien à un quotidien israélien.
Malgré ce climat polémique, M. Hosni estime à ce jour avoir l'appui de 32 pays sur les 58 membres du conseil exécutif, la plupart des autres étant encore indécis.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine