Dans la famille de cœur, je choisis le frère, les sœurs et tous les autres. Ceux qui m'ont accompagnée, qui m'accompagnent, me soutiennent, m'épaulent, m'aiment. Dans la famille de cœur, je choisis. Et c'est la seule des sept familles où je peux faire ça. Je choisis. Je ne pioche pas. Je choisis ma confidente, je choisis mon mentor, je choisis mon alter ego, mon jumeau. Dans la famille de cœur, celle qui restera à mes côtés jusqu'à la fin, je choisis tout le monde et je forme la plus belle des familles, celle qui me ressemble, celle qui ne me juge pas, qui ne me jauge pas, celle qui me comprend... Nous avons tous à peu près sept familles autour de nous. Sept, comme le jeu. Elles sont bancales, incomplètes, farfelues et variées, mais elles sont là, bien là. Il manque quelquefois un ou deux membres. Il y réside de la haine, des contentieux, un peu de véhémence, mais le jeu des sept familles, c'est le jeu de notre vie. Il y a, bien sûr, la famille, la première, la biologique, l'éducatrice. Celle avec les pères, les mères, les frères et les sœurs. Et si j'avais un marteau, je construirais le jour et la nuit et j'y mettrais ma cousine, mes cousins, mes tantes, mes tétas et jeddos et tous ceux qui ont un lien de sang avec moi. Eux, je ne les ai pas choisis. Ils sont là, immuables, et ils m'accompagnent depuis le début et souvent jusqu'à la fin. Dans cette famille de sang, je pourrais faire plein de changements. Je redonnerais les cartes peut-être, j'en piocherais d'autres... mais je ne le peux pas. Alors j'ai construit ma famille de cœur. Celle que je ne subis pas forcément. Celle que j'aime. Mais des familles, j'en ai un tas. Une choisie, et six autres subies, de plein ou mal gré. J'ai la famille des amis d'enfance qui, comme celle du sang, est indétrônable. Elle ne bouge pas, ne change pas et s'impose comme une réminiscence imparfaite de mes souvenirs d'adolescent. Cette famille-là m'émeut. Elle me rappelle tant de choses. On a changé, évolué différemment, grandi ailleurs, mais ces souvenirs sont tellement puissants que je ne peux l'oublier, quoi qu'il soit advenu de nos vies. Cette famille-là a des effluves de Pampers et de jardins secrets. J'ai aussi la famille d'école. Cette famille qui m'a suivie quinze ans durant. Du petit jardin à la terminale et qui englobe mon voisin de table et ma prof de français. Cette famille-là, c'est comme une secte. Elle a des codes, elle rit quand on mentionne le nom d'une directrice ou d'un recteur. Cette famille-là, au Liban, elle rejoint souvent celle des amis d'enfance. Et cette famille-là, on la retrouve généralement par hasard sur Facebook. La grande famille facebookienne. Cette grande famille qui comporte un peu de toutes nos familles et qui en forme une à part entière. Ses membres, on ne les connaît pas forcément. Mais ils nous ont addés, nous like, nous poke et écrivent des commentaires sur nos walls. Cette famille-là est virtuelle et, comme toutes les autres familles, on ne l'a pas forcément choisie. On se tape parfois les comments désobligeants de certains membres, mais on ne peut pas broncher. Car cette famille de réseau social contribue à nous faire connaître, à nous faire aimer, à nous faire un bien fou... narcissiquement parlant. Et dans cette famille, on rigole beaucoup. Surtout avec notre famille de beuverie/de jeu/de divertissements. On se lâche, on se désinhibe et on raconte n'importe quoi dans nos statuts et autres statements. Et malheur à nous quand on nous a taggés dans une des photos, preuve ultime de notre état avancé d'éthylisme. Parce que dans la grande famille facebookienne, on oublie parfois qu'on y trouve souvent, trop souvent, notre famille professionnelle. Cette famille sérieuse devant qui on fait patte blanche, devant qui on fait profil bas (c'est bien le cas de le dire) surtout quand on est le boss. Alors la tête dans le coltard, l'œil éteint, des macarons écrasés sur le poitrail, on préfère éviter de l'exhiber à nos collègues...Voilà pourquoi, dans le jeu des sept familles, je choisis de former la famille la plus complète, celle qui réunit un peu tout le monde, un peu de chaque famille. Celle qui s'agrandit d'année en année. La famille de cœur. La famille du choix. Cette famille qui reçoit, chaque quelque temps, un nouveau membre, une épaule supplémentaire, une âme sœur, un ami... Cette grande famille qui se réunit, se retrouve, célèbre... comme toutes les familles. Familles, je vous aime.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans la famille de cœur, je choisis le frère, les sœurs et tous les autres. Ceux qui m'ont accompagnée, qui m'accompagnent, me soutiennent, m'épaulent, m'aiment. Dans la famille de cœur, je choisis. Et c'est la seule des sept familles où je peux faire ça. Je choisis. Je ne pioche pas. Je choisis ma confidente, je choisis mon mentor, je choisis mon alter ego, mon jumeau. Dans la famille de cœur, celle qui restera à mes côtés jusqu'à la fin, je choisis tout le monde et je forme la plus belle des familles, celle qui me ressemble, celle qui ne me juge pas, qui ne me jauge pas, celle qui me comprend... Nous avons tous à peu près sept familles autour de nous. Sept, comme le jeu. Elles sont bancales, incomplètes, farfelues et...