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Économie - Bourse

Sur les « dark pools », les investisseurs avancent masqués

La discrétion offerte par ces systèmes de négociation est devenue un atout décisif avec l'évolution de la structure du marché.
Le développement des « dark pools », des systèmes de négociation où les investisseurs passent des ordres dans l'anonymat et sans dévoiler le montant des opérations, inquiète les autorités de régulation qui avaient fait de la transparence un impératif avec la crise.
Une douzaine de prestataires - Bourses traditionnelles, plates-formes alternatives ou banques d'investissement - offrent en Europe ce service en plein développement.
Depuis le début de l'année, plusieurs « dark pools » ont été lancés : Smartpool par NYSE Euronext, Chi X Delta, NeuroDark et, d'ici à fin 2009, Baïkal lancé par le London Stock Exchange (LSE).
En place depuis une dizaine d'années, ces systèmes de négociation ont connu un essor à la faveur de la directive européenne sur les Marchés d'instruments financiers (MIF) qui a brisé fin 2007 le monopole dont bénéficiaient jusqu'alors les Bourses traditionnelles.
Les « dark pools » répondent à « un besoin de passer des ordres de taille importante sans que cela ne décale le marché » (pas de variation de cours), et qui plus est anonymement, explique Jean de Castries, d'Equinox Consulting.
Jusqu'ici, pour passer un ordre de taille importante le plus discrètement possible, de façon à éviter une hausse des cours, il fallait bien souvent le « fragmenter », parfois sur plusieurs jours, ce qui revenait plus cher à l'investisseur et augmentait les risques de fuites d'information.
Mais la discrétion offerte par les « dark pools » est devenue un atout décisif avec l'évolution de la structure du marché : la taille moyenne d'une transaction en Europe ne cesse de décliner et est même tombée en dessous de 10 000 euros, « du jamais-vu », explique à l'AFP Lee Hodgkinson, PDG de Smartpool.
Si cette activité représente environ 5 % des volumes en Europe selon Equinox Consulting, elle atteint aux États-Unis 15 % des volumes. Mais surtout, « la croissance sur les "dark pools" est plus rapide que sur les marchés historiques », souligne M. de Castries.
Ce développement met à mal les efforts des régulateurs de marché qui, avec la crise, affichent leur volonté d'accroître la transparence des transactions. L'Autorité des marchés financiers (AMF) s'en est inquiétée en juin dans son rapport sur les risques et les tendances sur les marchés.
« Il y a un risque que le marché ne sache plus ce qui se passe et que cela désavantage les clients finaux », estiment les conseillers d'Equinox Consulting.
En juin, Mary Schapiro, la présidente du gendarme boursier américain, la SEC, s'était inquiétée des dangers liés à la croissance des « dark pools » qu'elle affirme désormais vouloir réguler.
Pour le PDG de Smartpool, les « dark pools » sont bien destinés aux plus gros investisseurs, mais fonctionnent essentiellement comme « une offre alternative dans un nouvel environnement boursier », où l'informatique a une place prédominante.
Le patron de ce « dark pool » affirme que ces plates-formes ne contribuent pas à accroître l'opacité des marchés ni à développer des systèmes frauduleux, sans pour autant expliquer pourquoi.
D'autres sujets d'inquiétude affleurent, selon les conseillers d'Equinox Consulting : certains « dark pools » proposent par exemple des ordres intentionnels qui peuvent être annulés à tout moment, ce qui peut « ouvrir la porte à ceux qui veulent tester le marché pour savoir ce qui se passe ».
La Commission européenne indique de son côté qu'elle étudiera le dossier dans le cadre de son examen de la directive MIF, au second semestre 2010.

Le développement des « dark pools », des systèmes de négociation où les investisseurs passent des ordres dans l'anonymat et sans dévoiler le montant des opérations, inquiète les autorités de régulation qui avaient fait de la transparence un impératif avec la crise.Une douzaine de prestataires - Bourses traditionnelles, plates-formes alternatives ou banques d'investissement - offrent en Europe ce service en plein développement.Depuis le début de l'année, plusieurs « dark pools » ont été lancés : Smartpool par NYSE Euronext, Chi X Delta, NeuroDark et, d'ici à fin 2009, Baïkal lancé par le London Stock Exchange (LSE).En place depuis une dizaine d'années,...
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