Objectif Lune. C'est là que l'aventure exotique commence pour le bédéiste belge qui poursuivra l'exploration avec On a marché sur la Lune, 15 ans avant Apollo 11 et Spoutnik. De très nombreuses parties de ces albums, tant esthétiques et techniques que scénaristiques, s'inspirent très largement du film La Femme sur la Lune de Fritz Lang, sorti en 1929, ainsi que de Destination... Lune ! de Robert Heinlein et Chestley Bonestell (1950), et qui reçut l'Oscar des meilleurs effets visuels pour Lee Zavitz.
Pour Gérard Camy (Télérama) : « Cette Femme sur la Lune est à la fois la dernière œuvre muette de Fritz Lang et l'ultime superproduction des studios UFA avant la crise de 1929. Mais derrière l'évasion magique de la science-fiction, le film puise son originalité dans le réalisme pointilleux d'une recherche spatiale menée alors par les savants Hermannn Oberth et Fritz von Hoppel, conseillers techniques sur le film et futurs artisans de la conquête de l'espace. » Avec ses cratères obscurs, la lune avait pourtant déjà inspiré Georges Méliès qui la reproduisit avec une imagination débridée dans son Voyage dans la Lune en 1902.
Mais qui est-elle pour demeurer toujours dans l'ombre du grand Hélios ? Pour se faire violer par le genre humain tout en restant digne ? Elle est cet astre bleu qui inspire souvent les amoureux. Blue Moon chantent les troubadours, mais leur chanson n'est pas reprise authentiquement sur grand écran. La lune ne servira plus aux escapades cinématographiques, ni aux explorations fantastiques, ni même aux divagations les plus folles. Elle n'est plus que le refuge des cœurs blessés. La Lune dans le caniveau (1983), Les nuits de la pleine lune (1984) : deux œuvres de Jean-Jacques Beinex et Eric Rohmer où les dialogues, les images deviennent lumière. Et quoi de mieux qu'un Moonlighting (série télévisée en 1985) sur fond de musique d'Al Jarreau, pour propulser le cher Bruce Willis vers le rayon des stars.
Et même si par moments la lune se fait amère et crée des multitudes de Lunes de fiel à la Roman Polanski, cela ne nous empêche pas de l'aimer et de vouloir l'emprunter à notre ami Pierrot. « Cette lune trop blême qui pose un diadème sur tes cheveux roux ; cette lune trop rousse de gloire éclabousse ton jupon plein d'trous ; cette lune trop pâle qui caresse l'opale de tes yeux blasés... »
Enfin, cet astre si fier et néanmoins si doux qui inspira les pas lunaires d'un certain Bambi de la chanson et qui l'emmena droit vers le firmament.


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