L'attentat à Kaboul, comme les tirs de roquettes, ont été revendiqués par un porte-parole des talibans, lesquels ont juré de perturber un processus électoral qu'ils considèrent comme une « imposture » orchestrée par les États-Unis. À la mi-journée, un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée à proximité d'un convoi de la force de l'OTAN, près du centre de Kaboul, sur une artère très fréquentée souvent utilisée par les militaires étrangers, ont annoncé les ministères de la Défense et de l'Intérieur. Au moins neuf civils afghans ont péri et 53 personnes ont été blessées tandis que le kamikaze visait un convoi de ravitaillement de l'OTAN, selon des sources gouvernementales. « Un soldat de la Force internationale de l'OTAN (ISAF) a été tué et plusieurs blessés » dans l'attentat, a également déclaré à l'AFP une porte-parole de l'Alliance. Ces victimes ne sont pas des soldats français, a indiqué une source française. Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide, a également annoncé que deux employés afghans des Nations unies avaient péri dans l'attentat, sans que l'on sache s'ils font ou non partie des neuf civils tués. L'attaque de Kaboul a été revendiquée par un porte-parole taliban, Zabihullah Mujahed, tout comme les attaques à la roquette de Kaboul et Jalalabad. Samedi, les talibans avaient en effet démontré leur capacité à frapper n'importe où dans le pays en perpétrant un attentat à la voiture piégée devant le QG de l'ISAF à Kaboul, l'une des zones les plus sécurisées du pays, tuant sept civils afghans.
Par ailleurs, à Mazar-i-Sharif, dans le Nord, une région d'ordinaire plutôt calme, un candidat pour les élections provinciales a été tué lundi soir dans une embuscade, a annoncé la police. L'attaque n'a pas été revendiquée. Au moins trois autres candidats aux provinciales, parmi plus de 3 000 au total, ont été tués pendant la campagne. Hier, deux soldats américains de l'ISAF ont été tués par l'explosion d'une bombe artisanale dans l'est du pays, a annoncé l'OTAN. Dans son communiqué, l'OTAN ne précise ni les circonstances ni le lieu exact de leur mort.
Le scrutin, extrêmement compliqué à organiser au niveau logistique, sera placé sous haute surveillance, toutes les forces de sécurité afghanes et étrangères (300 000 hommes au total) étant mobilisées demain. L'OTAN a pour sa part annoncé qu'elle suspendrait toutes ses offensives militaires contre les rebelles islamistes le jour des élections, pour se concentrer sur la protection des électeurs. La Commission électorale afghane estime que près de 12 % des 7 000 bureaux de vote pourraient rester fermés en raison de l'insécurité. À Bruxelles, la Commission européenne a annoncé que ses observateurs avaient constaté des « irrégularités dans la procédure d'enregistrement » des électeurs, ce qui crée « un potentiel de fraude ».
Porté au pouvoir par la communauté internationale fin 2001, après le départ des talibans chassés par une force internationale emmenée par les États-Unis, le président Hamid Karzaï, élu en 2004, reste le favori pour le scrutin de demain.


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