Reconnaître le Christ Sauveur, reconnaître Marie qui le porte, tel est le sens de cette fête de « l'Assomption ».
Lorsque Marie est ainsi reconnue, elle laisse alors parler son cœur et magnifie le Seigneur dans ce merveilleux cantique que l'Église n'a eu de cesse de reprendre chaque jour, depuis tant de siècles : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu, mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. » Marie chante la présence du Seigneur en elle, les humbles dont elle fait partie seront comblés par Dieu ; Marie anticipe ce que le Christ dira lui-même à l'occasion du « Sermon sur la montagne », quand il prononcera ses fameuses Béatitudes : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ! »
Que savons-nous de Marie ? Beaucoup de choses. Entre autres, le fait qu'elle a accepté de porter en son sein l'Enfant-Dieu, et qu'elle a accepté également d'être de ces pauvres qui n'ont rien d'autre que la richesse de Dieu. Cette pauvreté-là, Marie en a fait sa joie. Marie est souvent comparée à la Nouvelle Ève en qui s'accomplit le dessein voulu par Dieu depuis la fondation du monde. Elle est celle pour qui « Dieu a préparé une place », comme le dit l'Apocalypse ; aussi, de là où elle est, elle entend la voix puissante qui proclame : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de Son Christ ! »
Nous célébrons le 15 août celle qui, « au terme de sa vie terrestre », a été élevée en corps et en âme à la gloire du ciel (d'après la définition dogmatique du pape Pie XII en 1950). Cette « élévation en gloire » est mystérieuse et nous dépasse, les mots nous manquent pour en parler convenablement. Rappelons-nous les versets de l'Apocalypse : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Puisque les mots nous manquent, reprenons alors à notre compte les paroles de l'apôtre Jean : « De pauvre qu'elle était, Marie fut la première en qui devait s'accomplir le magnifique dessein de Dieu : l'œuvre du Christ. Elle a accueilli la présence du Christ, elle a porté l'Enfant. Son parcours est un modèle de foi pour chacun et chacune d'entre nous... Elle a participé à la vie du Christ, elle fut tout à la fois disciple et témoin, elle était présente au pied de la Croix, elle fut comme crucifiée avec son Fils ; marquée par la douleur de la perte de son Fils et Seigneur, elle fut également omniprésente avec les apôtres au moment de Pentecôte, et par conséquent, témoin de la naissance dont elle avait anticipé la réalité : celle de l'Église. »
Il tient à notre condition de disciples de prendre Marie pour modèle. Nous pouvons l'imiter dans son rôle de servante du Seigneur. L'Esprit Saint nous aidera à améliorer notre manière d'être serviteur de l'Évangile et disciple du Christ, par la grâce de notre baptême. À nous d'accéder et de croire à l'accomplissement des Paroles qui nous furent dites de la part du Seigneur.

