On les appelle « déplacés ». Ils ont quitté le Sud, qu’il soit banlieue ou village, à la suite d’une sommation de l’armée israélienne et suite à la suicidaire décision prise par des chefs de milice d’entrer dans la guerre des autres à partir de leur terre.
Ces nommés déplacés qui vivent désormais sous des tentes, agglutinés dans des centres d’accueil ou quand ils peuvent se le permettre ont loué à prix d’or des logements de fortune, dormaient dans leurs lits, ouvraient et refermaient la porte de leurs maisons pour rentrer chez eux. Certains avaient un jardin, ils sortaient arroser leurs rosiers, humer un basilic, cueillir un fruit, d’autres avaient des terres où à vue d’œil s’étendaient oliviers, orangers, champs de lavande ou serres sous des tentes plastifiées qu’ils ne pourront jamais retrouver.
Le matin, les enfants quittaient la maison pour retrouver des cours d’école et des salles de classe, les parents leurs bureaux, les champs ou un atelier.
La mégalomanie d’un parti a réduit cette vie à néant et les biens en cendres.
Un million et demi de personnes se retrouvent privées de souvenirs, plus de deux mille sont mortes, près de huit mille ont été blessées, six millions s’interrogent quant à leur propre avenir, le tiers de leur pays occupé, son économie paralysée, espérant que le sursaut de leur président soit cette fois pour de vrai.
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