Citée par le Lebanon this Week, bulletin économique hebdomadaire de la Byblos Bank, EFG Hermes a noté que le Liban « profite actuellement d'une année de forte croissance ». Ses prévisions ne prévoient pas de détérioration sérieuse de la situation politique au cours des prochains mois. De plus, selon la banque, la formation prochaine d'un nouveau cabinet pourrait avoir un impact positif sur les marchés à court terme. Ces tendances économiques devraient rester largement favorables à la croissance en 2010, a-t-elle ajouté.
La balance des paiements
EFG Hermes a également estimé que l'économie locale a été performante au premier semestre de 2009, notamment grâce à la continuité des flux de capitaux étrangers et à la stabilité relative de la situation politique. La balance des paiements a également accusé un excédent de 1,7 milliard de dollars lors des cinq premiers mois de l'année (soit 5,5 % du PIB estimé de 2009), en dépit de l'approfondissement du déficit commercial qui a augmenté de 1,3 % sur un an.
Cet excédent de la balance des paiements est dû aux effets combinés de la robustesse des recettes du secteur tertiaire et de l'augmentation des flux de capitaux, les flux financiers non commerciaux ayant progressé de 55 % en un an, atteignant ainsi 6,4 milliards de dollars. La banque cite d'autres facteurs ayant joué en faveur de l'excédent de la balance courante, dont la croissance « solide » du secteur touristique et la continuité des transferts des expatriés.
Toujours selon le rapport d'EFG Hermes, la confiance dont bénéficie le secteur bancaire local et la relative stabilité politique ont encouragé les expatriés à poursuivre les transferts de fonds et ce en dépit du marasme prévalant actuellement dans les pays du Golfe. De plus, les taux d'intérêt élevés sur les dépôts en livre libanaise ont encouragé les flux de capitaux tandis que la dollarisation a chuté à 67 % au mois de mai, soit son plus bas niveau depuis août 2004. De ce fait, les dépôts ont augmenté de 6,6 milliards de dollars entre mai 2008 et mai 2009, totalisant 84 milliards, ce qui représente une croissance annuelle de 20 %.
Le déficit fiscal
La balance fiscale a également montré « des signes d'amélioration » selon EFG Hermes, reflétant ainsi l'environnement économique globalement favorable. Les revenus générés par les taxes ont augmenté de 35 % lors des cinq premiers mois de 2009 en comparaison avec la même période de l'année dernière. Cela est en partie dû à l'augmentation des taxes sur la consommation de carburants suite au recul des cours du pétrole en début d'année. Notons que les dépenses en énergie ont augmenté de 19 % en un an, partiellement en raison de l'impact différé de la baisse du prix du brut sur les subventions octroyées par l'État à l'Electricité du Liban (EDL). Une atténuation des dépenses publiques au cours du second semestre 2009 est également prévue, mais EFG Hermes prévient qu'une hausse du prix du pétrole « compromettrait ces prévisions ».
La banque pronostique un déficit fiscal de 12,4 % du PIB en 2009 à cause de l'augmentation des dépenses occasionnées par les salaires et divers programmes sociaux au cours de cette année électorale. De plus, selon les prévisions d'EFG Hermes, le taux d'inflation devrait monter à 4 % fin 2009 et 5 % fin 2010. La croissance annuelle de la masse monétaire au sens large est estimée à 8,1 % en 2009, puis 6,7 % en 2010. Les prêts au secteur privé devraient, quant à eux, augmenter de 8 % cette année, puis de 10 % l'année suivante. La dette externe devrait décliner pour atteindre 68,2 % du PIB fin 2009, puis 64 % en 2010. Finalement, la dette interne devrait augmenter, pour atteindre 95 % du PIB en fin d'année, pour ensuite passer à 95,3 % du PIB d'ici à la fin de l'année suivante.


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