L'opposition, qui dénonce un « coup d'État » du président, avait appelé à boycotter la consultation qui avait aussi suscité l'inquiétude de la communauté internationale.
Au total 4 126 198 Nigériens se sont rendus aux urnes mardi pour se prononcer sur l'adoption d'une nouvelle Constitution permettant à Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir trois ans de plus, puis de se représenter autant de fois qu'il le souhaite. La Constitution en vigueur depuis 1999 veut qu'il se retire le 22 décembre, à la fin de son deuxième quinquennat consécutif à la tête du pays sahélien de près de 15 millions d'habitants.
Jeudi, le président Tandja avait déjà remercié les électeurs pour leur « confiance renouvelée ». Alors qu'il peut se flatter de dix années de stabilité au Niger, troisième producteur mondial d'uranium, et d'un redressement économique, le président nigérien s'est attiré des critiques de toutes parts en organisant ce référendum. De nombreux observateurs estiment qu'il a « raté sa sortie » en s'obstinant à rester au pouvoir coûte que coûte. Pour arriver à ses fins, il a dissous le Parlement le 26 mai, puis fin juin la Cour constitutionnelle qui jugeait ce référendum illégal. Depuis, il gouverne seul par décrets et ordonnances grâce aux « pouvoirs exceptionnels » qu'il s'est arrogés.
Selon les partis d'opposition et les centrales syndicales réunies au sein de la Coordination des forces démocratiques pour la République (CFDR), le référendum a enregistré « moins de 5 % de taux de participation ». Il est donc rejeté « par le peuple souverain et est nul et de nul effet », a déclaré cette coalition jeudi soir.
La nouvelle Constitution instaure un régime présidentiel fort. Elle stipule que « le président de la République est le détenteur exclusif du pouvoir exécutif ». Il devient chef du gouvernement et demeure chef de l'administration et chef suprême des armées. Il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement, fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions.


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