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Économie - Crise

Patrie de l’automobile américaine, le Michigan tente de survivre au désastre

Au cours des dix dernières années, cet État du nord des États-Unis a perdu la moitié de ses emplois industriels, soit plus de 500 000 personnes.
Les herbes folles n'ont pas encore eu le temps d'envahir les usines qui ont mis la clé sous la porte depuis la chute de Chrysler et General Motors, mais le Michigan (nord des États-Unis) porte déjà les stigmates de la crise.
Cet État, au cœur de ce qu'on a surnommé la « rust belt » américaine, la ceinture de la rouille, après la fermeture des aciéries, subit aujourd'hui de plein fouet l'effondrement de l'industrie automobile.
Des files d'attente interminables devant les agences pour l'emploi, des rayons vides dans les banques alimentaires, des locaux d'entreprises à l'abandon obstrués par des planches, des maisons saisies, leur contenu éparpillé dans les rues.
« Il ne fait aucun doute que cette région a connu un incroyable tsunami d'événements », relève Mark Partridge, économiste à l'université d'État de l'Ohio voisin (Nord), soulignant une « succession d'échecs ».
Au cours des dix dernières années, le Michigan a perdu la moitié de ses emplois industriels, soit 543 000 personnes qui ont dû quitter les usines et perdu des salaires généralement suffisants pour s'acheter une maison, financer les études des enfants, voire s'offrir une résidence secondaire.
Certains mettent le désastre sur le compte des trois « grands » constructeurs automobiles de Détroit (Ford, GM et Chrysler), qui ont continué à fabriquer des automobiles peu fiables, au design vieillot, que plus personne ne voulait acheter.
D'autres jettent la pierre à des syndicats trop gourmands, d'autres encore au fait d'imposer aux employeurs le fardeau du financement de l'assurance-santé de leurs salariés.
Quelle qu'en soit la cause, les constructeurs automobiles de Détroit n'ont cessé de perdre des parts de marché pendant des décennies avant que la crise financière de l'automne 2008 ne leur porte l'estocade.
Si Ford a réussi à se maintenir la tête hors de l'eau grâce à des emprunts massifs réalisés avant le tarissement du crédit, Chrysler et GM ont dû se mettre sous la protection de la loi sur les faillites et ont reçu 50 milliards de dollars d'aide de l'État fédéral.
En 2000, le Michigan avait un des taux de chômage les plus bas des États-Unis (3,3 %). En juin dernier, ce taux a atteint 15,2 %.
Pourtant, « il y a beaucoup d'espoir », affirme Andy Levin, directeur adjoint du département de l'Énergie, du Travail et de la Croissance économique du Michigan. L'énergique Jennifer Granholm, gouverneur de l'État et proche du président Obama, s'est transformée en VRP pour aller défendre dans le monde entier les atouts de sa région.
Elle mise aujourd'hui sur les énergies alternatives, vantant le savoir-faire industriel du Michigan et ses compétences en matière d'ingénierie, sa position géographique avantageuse et l'apport des grands lacs en termes d'énergie éolienne.
L'État a également investi des millions de dollars pour la reconversion des chômeurs et a lancé une campagne de publicité vantant les attraits touristiques de ses kilomètres de plages immaculées.
Les succès ne manquent pas : 108 emplois créés par une entreprise de matériel médical, 1 600 autres par une compagnie d'assurances, près de 500 par une usine fabriquant des batteries pour les voitures hybrides... Mais on est loin des 337 600 emplois perdus par le Michigan pour la seule année 2008.
« La chute entraînée par la restructuration de l'industrie automobile, même dans le meilleur des scénarios, se fera sentir pendant des années », avertit Charles Ballard, professeur d'économie à l'université d'État du Michigan. « Le déclin a commencé il y a 60 ans, il ne va pas être enrayé demain. »

Les herbes folles n'ont pas encore eu le temps d'envahir les usines qui ont mis la clé sous la porte depuis la chute de Chrysler et General Motors, mais le Michigan (nord des États-Unis) porte déjà les stigmates de la crise.Cet État, au cœur de ce qu'on a surnommé la « rust belt » américaine, la ceinture de la rouille, après la fermeture des aciéries, subit aujourd'hui de plein fouet l'effondrement de l'industrie automobile.Des files d'attente interminables devant les agences pour l'emploi, des rayons vides dans les banques alimentaires, des locaux d'entreprises à l'abandon obstrués par des planches, des maisons saisies, leur contenu éparpillé dans les rues.« Il ne fait aucun doute que cette région a...
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