Sur les cinq principaux groupes bancaires de l'archipel, seul le numéro deux Mizuho Financial Group, le plus affecté par la crise financière, a fait état d'une légère perte nette (4,5 milliards de yens, soit 34 millions d'euros).
Mitsubishi UFJ a au contraire vu son bénéfice net bondir de 48,3 % sur un an à 75,9 milliards de yens (575 millions d'euros) grâce à des gains sur les marchés d'actions et à la hausse des intérêts perçus à l'étranger. Pour les mêmes raisons, la troisième « mégabanque » japonaise, Sumitomo Mitsui Financial Group, a annoncé un bénéfice net en hausse de 25,3 % à 72,77 milliards de yens (551 millions d'euros) pour les trois mois d'avril à juin.
Les trois poids lourds de la finance japonaise avaient tous terminé l'exercice 2008-2009 dans le rouge profond et avaient été obligés de lancer des appels massifs au marché, sous la forme d'augmentations de capital et d'emprunts obligataires. Dans l'ensemble, ils ont cependant mieux résisté à la crise que leurs homologues occidentaux grâce à leur relative aversion pour les investissements risqués et les produits dérivés complexes.
La plupart des analystes sont optimistes pour la santé des banques japonaises, qui avaient déjà traversé une grave crise au début des années 2000 mais qui se sont pour la plupart bien redressées et ont appris la prudence.
« La diminution du nombre de faillites au Japon et le rétablissement du marché d'actions constituent des signes encourageants pour la stabilisation à long terme des banques du pays », a ainsi estimé l'agence de notation Moody's.
Même si elles ont légèrement augmenté, les créances irrécouvrables ou douteuses restent à un niveau raisonnable chez les trois « mégabanques » : 1,33 % chez Mitsubishi UFJ, 1,90 % chez Mizuho, 1,91 % chez Sumitomo Mitsui.
Le numéro quatre de l'archipel, Resona Holdings, est resté dans le vert avec un bénéfice net de 54,9 milliards de yens (416 millions d'euros), certes en repli de 23,8 %. Chuo Mitsui Trust a lui aussi enregistré un profit substantiel.
Quant à Sumitomo Trust and Banking, il a lui aussi terminé le trimestre sur un bénéfice et en a profité pour acheter pour quelque 850 millions d'euros Nikko Asset Management, filiale de l'américain Citigroup.
Shinsei Bank et Aozora Bank, deux institutions en difficulté qui ont annoncé leur intention de fusionner en 2010 pour former la sixième banque japonaise, ont également enregistré des profits au terme du premier trimestre.
Quant au groupe de services financiers Nomura Holdings, il a annoncé son premier bénéfice net en six trimestres grâce à une hausse des commissions de courtage et à l'embellie sur les marchés financiers.


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