M. Gates, spécialiste des questions africaines et afro-américaines à la prestigieuse université Harvard et ami de longue date de M. Obama, a été arrêté la semaine dernière après avoir enfoncé la porte de son domicile parce qu'il ne retrouvait pas ses clés à son retour de voyage. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage. Les faits varient sensiblement selon qu'ils sont rapportés par M. Gates ou par celui qui l'a arrêté, le sergent James Crowley. M. Gates dit avoir été victime d'un comportement raciste. M. Gates a été conduit au poste parce qu'il s'est comporté grossièrement, assure le policier. Une telle arrestation illustre l'importance que continue à revêtir le facteur racial aux États-Unis, malgré les progrès accomplis, dont il est la preuve vivante, a dit M. Obama qui, au cours de sa campagne et depuis son investiture, a observé une certaine réserve sur la question. Pour le sergent Crowley, qui se décrit comme un partisan de M. Obama, celui-ci est « à côté de la plaque ». Le policier ne savait pas, quand il est arrivé au domicile de M. Gates, s'il avait affaire au propriétaire ou à un criminel, puis, quand M. Gates a justifié de très mauvais gré de son identité, si un cambrioleur ne se trouvait pas à l'intérieur, a-t-il rapporté. M. Gates a été arrêté pour trouble à l'ordre public, charges abandonnées cette semaine. Il juge l'incident exemplaire de la manière dont la police traite les Noirs et a réclamé des excuses. « Il n'y aura pas d'excuses de ma part, je n'ai rien fait de mal », a répondu le sergent Crowley, jugeant « ridicule » l'accusation de racisme.
Sur l'Internet, on se demandait si l'on était en présence d'une manifestation de racisme ou qui était le raciste dans l'affaire. Le policier a reçu le soutien de nombreux collègues, inquiets de l'atteinte portée par M. Obama à leur image.
Dans un entretien accordé à la chaîne ABC, M. Obama s'est dit « surpris de la controverse ». Et, tout en défendant la position du président, son porte-parole Robert Gibbs a reconnu que M. Obama se serait peut-être gardé de s'exprimer s'il avait su que ses propos prendraient une telle proportion. M. Gibbs a cependant souligné que M. Obama n'avait pas, a priori, l'intention de prendre à nouveau la parole pour arrondir les angles. « Je crois que le président sait et comprend combien le métier de policier est difficile, il a un profond respect pour les hommes et les femmes qui assurent notre sécurité. Je crois qu'il a dit l'essentiel de ce qu'il avait à dire sur le sujet », a dit M. Gibbs.


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