« Nous voulons une Géorgie libre, sûre, démocratique et unifiée », a déclaré M. Biden devant le Parlement géorgien, alors que la Russie a reconnu l'indépendance de deux régions géorgiennes séparatistes, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, juste après la guerre, en août 2008. « Nous soutenons pleinement l'aspiration de la Géorgie à rejoindre l'OTAN », a-t-il poursuivi.
Les espoirs d'adhésion de la Géorgie à l'OTAN se sont enlisés depuis la guerre. M. Saakachvili avait concédé lundi dans le Wall Street Journal qu'ils étaient « presque morts ».
M. Biden avait exprimé le même soutien mardi à l'Ukraine, une autre ex-république soviétique pro-occidentale qui comme la Géorgie entretient des rapports difficiles avec la Russie, Moscou voyant d'un très mauvais œil les Occidentaux prendre pied dans son ancien précarré.
Hier, il a réitéré l'opposition américaine à la « notion de sphères d'influence qui datent du XIXe siècle et n'ont rien à faire au XXIe siècle », dans une claire allusion à la Russie.
La Russie et la Géorgie se sont affrontées dans une guerre éclair en août 2008 pour le contrôle du territoire séparatiste géorgien de l'Ossétie du Sud. « Une injustice historique a été commise contre la Géorgie (...) des nettoyages ethniques comparables à ceux de Darfour », a affirmé M. Saakachvili lors de sa rencontre avec M. Biden.
Tout en réaffirmant que les États-Unis étaient aux côtés des Géorgiens, le vice-président américain a mis un bémol à son discours. « La raison pour laquelle je suis ici, c'est (...) de montrer que nous sommes avec vous », a déclaré M. Biden.
« Il faut faire beaucoup plus » pour consolider la démocratie en Géorgie, a-t-il déclaré, après avoir rencontré quatre dirigeants de l'opposition géorgienne.
Cette remarque semble viser M. Saakachvili, dont l'opposition exige la démission, lui reprochant une mauvaise gestion de la guerre et des dérives autoritaires, après les promesses de la révolution de la rose qui l'ont porté au pouvoir en 2003.
« Nous avons reçu une promesse concrète du gouvernement américain que le développement de réformes démocratiques sera déterminant à l'avenir dans les relations entre la Géorgie et les États-Unis », a déclaré l'un des opposants, Irakli Alassania, à l'issue de cette rencontre.
Haussant le ton, la Russie a réagi à la visite de M. Biden à Tbilissi en déclarant prendre des « mesures concrètes » face au « réarmement de la Géorgie » et en dénonçant une nouvelle fois les manœuvres américaines dans la région. Visant les États-Unis, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a accusé « certains pays d'agir en coulisses et de masquer la coopération militaire avec la Géorgie en "aide humanitaire pour surmonter les conséquences du conflit" ». « Les dirigeants géorgiens préparent divers incidents à la frontière avec l'Ossétie du Sud, qui coïncideraient avec l'anniversaire des événements de 2008 dans le Caucase (...). Ils (les incidents) ont assurément la nature d'actes de provocation », a-t-il ajouté.
Le président du Parlement géorgien, David Bakradzé, a démenti toute discussion sur la vente d'armes américaines pendant la visite de M. Biden. Le vice-président américain a toutefois souligné que Washington travaillait avec la Géorgie « pour maintenir ses forces armées, l'aider à s'entraîner et s'organiser ».


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