Répondant aux appels à un accroissement des troupes et du matériel en Afghanistan, Gordon Brown a défendu la stratégie du gouvernement, au nom notamment de la lutte contre le terrorisme, et exclu tout renfort de troupes à court terme. « Les effectifs des soldats font l'objet d'un examen constant, en fonction des besoins opérationnels. Et j'ai reçu l'assurance par les commandants sur le terrain et à la tête de l'armée que nous avons les forces nécessaires pour les opérations en cours » ainsi que le matériel nécessaire, a déclaré le Premier ministre devant la Chambre des Communes.
La Grande-Bretagne a porté de quelque 8 300 à 9 100 soldats actuellement son contingent en Afghanistan, a précisé le Premier ministre, sous pression après la mort de 15 soldats britanniques depuis le début du mois. Huit soldats britanniques, dont trois âgés de 18 ans seulement, ont trouvé la mort en 24 heures la semaine dernière, la perte la plus importante depuis l'intervention entamée en 2001 et qui a fait 184 morts britanniques au total.
À l'approche des élections présidentielle et provinciales afghanes, l'armée britannique mène depuis le 23 juin une offensive d'envergure particulièrement meurtrière - opération Panchai Palang (Griffe de panthère) - contre les talibans dans le Helmand, province du Sud qui est leur fief. « C'est un été difficile et ce n'est pas fini, mais si nous voulons interdire le Helmand aux talibans à long terme (...), alors nous devons poursuivre nos opérations en Afghanistan », a observé le Premier ministre.
Les Britanniques constituent le deuxième contingent le plus important en Afghanistan, après celui des États-Unis, qui doivent y envoyer 30 000 soldats supplémentaires cette année alors que les talibans ont repris l'offensive. L'opposition conservatrice britannique a dénoncé ce qu'elle considère comme une pénurie d'hélicoptères sur le terrain, qui contraindrait les soldats à se déplacer dans des véhicules vulnérables aux engins explosifs rudimentaires placés par les talibans au bord des routes. L'opposition et des responsables militaires ont également appelé à une clarification des objectifs recherchés en Afghanistan. Paddy Ashdown, un diplomate britannique aguerri, qui avait été pressenti au poste de représentant spécial de l'ONU en Afghanistan avant de devoir y renoncer, a estimé que les Occidentaux s'étaient fixé « des objectifs bien trop ambitieux et avaient préparé leur échec » sur ce terrain, dans une interview hier sur la BBC.
Gordon Brown a souligné qu'en combattant en Afghanistan, la Grande-Bretagne empêchait des attentats terroristes sur son sol, dont 75 % avaient des liens avec l'Afghanistan. Selon un sondage publié hier, le soutien à la guerre en Afghanistan reste ferme dans l'opinion publique britannique, malgré les lourdes pertes enregistrées ces derniers jours. Une étude ICM pour le Guardian montre que 46 % des Britanniques continuent à approuver la guerre menée depuis 2001 en Afghanistan, un chiffre en hausse de 15 points depuis 2006, la dernière fois qu'ICM avait sondé le public. A contrario, 47 % des personnes interrogées se disent opposées à la guerre, une baisse de 6 points par rapport à 2006. 56 % des personnes sondées souhaitent tout de même un retrait immédiat ou avant la fin de l'année des soldats britanniques d'Afghanistan.
Une coalition de militants opposés à la guerre a manifesté devant Downing Street hier en fin d'après-midi.


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