Mais en dépit de ce climat positif, rien n'indique que le nouveau gouvernement sera formé au cours des prochains jours. Des sources proches de la majorité et de l'opposition assurent que les discussions n'ont pas encore évoqué les détails de l'équipe gouvernementale, aussi bien au niveau du partage des portefeuilles qu'à celui des noms des ministrables. Les contacts se limiteraient donc encore aux généralités, notamment au principe de participation, et Saad Hariri n'a pas soumis à ses interlocuteurs une formule précise, préférant écouter, solliciter des suggestions et rester discret. Deux choses semblent cependant sûres, selon les sources de Koraytem : Saad Hariri ne compte pas se récuser quelles que soient les difficultés qui entraveront le chemin de la formation du gouvernement. Il prendra le temps qu'il faudra, mais il ne renoncera pas à cette fonction, car lorsqu'il a décidé d'accepter cette responsabilité, il savait bien que ce ne serait pas une sinécure. La seconde certitude est sa détermination à former un gouvernement d'union nationale, dans lequel toutes les parties seraient représentées. Le problème, c'est que l'opposition et la majorité ne sont pas d'accord sur la signification qu'il faut donner au gouvernement d'union. L'opposition réclame onze ministres sur trente (alors que Aoun affirme ne pas accepter moins qu'une part proportionnelle à sa représentativité au Parlement) et la majorité considère qu'elle doit avoir la majorité des portefeuilles, puisqu'elle a remporté les élections législatives. Elle refuse de donner le tiers de blocage à l'opposition et certains de ses piliers accusent celle-ci de se comporter comme si c'était elle qui avait gagné le scrutin électoral. Qui cédera ? Nul ne saurait pour l'instant répondre à cette question.
Même si officiellement la formation du gouvernement n'est pas à l'ordre du jour de ses entretiens avec les dirigeants libanais, le ministre français des AE Bernard Kouchner, qui arrive aujourd'hui à Beyrouth, devrait l'évoquer aves ses interlocuteurs libanais, ainsi que le dossier des relations libano-syriennes qu'il suit depuis un certain temps.
Si la tendance générale est donc de favoriser une entente interne pour la formation du gouvernement, l'idée principale est de parvenir à un accord minimal qui forcerait les parties régionales et internationales à ne plus utiliser la carte libanaise comme enjeu dans leurs négociations. Un pari difficile, mais pas impossible, estiment les observateurs, si les bonnes volontés existent...

