Sur la route qui serpente à travers la montagne, depuis le sud du district, de premières traces de combats - vitres brisées, carcasses de véhicules broyées, bâtiments brûlés - apparaissent au niveau du village d'Amila. Passé Dagger, chef-lieu du district où 3 000 soldats surveillent une magnifique vallée verdoyante entourée de crêtes, cap sur le nord et Sultanwas, « le village le plus détruit par les combats », selon le colonel Janjua. Après trois jours de violents combats avec l'artillerie lourde des talibans, les soldats ont reçu l'appui de l'aviation. « 80 % du village a été détruit. Nous n'avions pas le choix car les talibans avaient investi toutes les maisons », s'excuse presque l'officier. Les bombardements pulvérisent notamment la maison du chef du village, où 80 talibans s'étaient installés. « Une fois la maison bombardée, c'était fini pour les talibans », estime le colonel, qui voit dans la reprise du village, début mai, le tournant de la « grande victoire » de Buner.
L'armée affirme avoir tué 490 des quelque 1 000 talibans qui tenaient le district, et perdu 13 soldats. Selon le colonel Janjua, « seuls 10 à 15 % des talibans de Buner n'ont pas été tués ou blessés ». « Et il n'y a aucune chance que les rebelles reviennent dans la région », assure-t-il. Le coordinateur civil du district, Yahia Akhunzada, est moins affirmatif, notant que « certains talibans se sont fondus dans la population locale ». Fawad Buneri, un policier local de 35 ans, confirme que « les talibans sont toujours présents dans le district », où on les a même vus patrouiller.
Pas de quoi rassurer les déplacés. Yahia Akhunzada se veut positif, assurant que ceux-ci « n'ont pas peur de revenir » et que le « problème le plus urgent est de rétablir l'électricité ». Mais Fawad Buneri note que « beaucoup de gens ne retournent pas à Buner car ils craignent une reprise des combats ».


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